La Belgique n’est pas un problème congolais

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Police, Kolwezi, Lubumbashi

Non, la Belgique n’est pas le problème congolais. Le régime Kabila qui le sait très bien, pourtant, tente de faire diversion en s’attaquant à son ex-puissance coloniale.

La critique du ministre belge des affaires étrangères sur la nomination Bruno Tshibala au poste de premier ministre ne devrait pas irriter Kinshasa, en toute logique. Les mots prononcés par Didier Reynders, certes, font frémir. Ils font frémir : Une nomination  conforme « ni à l’esprit ni à la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre ».

La Belgique n’est pas la seule à critiquer Kinshasa

Mais le ministre belge n’a pas dit autre chose que l’Union européenne, la France, les États-Unis et l’ONU qui ont dénoncé la même décision. Pourquoi donc la Belgique énerve-t-elle Kinshasa à ce point si le problème n’est donc ailleurs ?

La raison semble finalement que l’ancien colonisateur du plus grand pays d’Afrique centrale est le seul des puissances qui pressent le régime Kabila, que le régime peut bouder. Ne fût-ce que pour contenter, dans la forme, les inconditionnels du souverainisme congolais.

Kinshasa peut rester sans voix face à ses voisins Angola, Rwanda, Burundi ou Ouganda qui jouent sur son territoire ou pillent ses ressources naturelles. Mais jamais face à la Belgique. Tout de suite, il lui rappellera que la RDC est indépendante, il y a 56 ans.

Donner l’air de frapper et distraire

On en rirait bien, volontiers. Le pouvoir congolais s’en prend à la Belgique, presque désespérément. Il suspend la coopération à faible impact, l’instruction militaire. Il n’ose pas toucher à la juteuse Coopération technique belge, la CTB, qui construit ponts, écoles ou forme des cadres universitaires.

S’attaquer à la Belgique semble alors une diversion. Mais c’est une technique aussi cordiale que rappeler l’indépendance congolaise alors que l’aide au développement arrive presque toujours de l’étranger. Les coups de colère, rupture des relations diplomatiques, … sont de ces vieilles recettes mobutistes auxquelles les congolais affamés n’ont plus cure.

La vraie souveraineté est « sécurité »

En 15 ans de règne du régime de Kabila, la pauvreté et le chômage, les jeunes en têtes, sont restés très hauts. Ils sont 70% des 80 millions de congolais vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale. En plus, la RDC compte parmi les pays les plus corrompus de la terre. Et comme par enchantement, ce pays d’environ 2,3 millions de kilomètres carrés n’a ne tarit pas d’insurrections. Elles auraient coûté la vie à de 5 millions de personnes selon l’ONU.

Ce qu’il reste encore de paix en ce jour tient au soutien collectif des puissances occidentales, y compris la Belgique. L’avenir de la RDC semble se jouer à Bruxelles, Paris, Londres, Washington et New-York qu’à Kinshasa. Pendant qu’il crie souveraineté, hélas ! Kinshasa n’a pas pu demander le « retrait total » de la Monusco, mais une diminution de ses effectifs. Parce que la RDC en a réellement besoin. Pourquoi alors évoquer une souveraineté inexistence ?

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