CENCO : entre service après-vente et protection de l’Accord

Dans Politique

Le camp Kabila n’a pas aimé la dernière sortie des évêques catholiques sur la nomination, très critiques sur la nomination du premier ministre Bruno Tshiba. Même si « la mission de la CENCO est terminée », selon le ministre Mende, les évêques catholiques n’entendent pas rester silencieux face à la « mauvaise foi ».

Dans son intervention, vendredi 21 avril, la CENCO a mis au pas le président Kabila. La nomination de Bruno Tshibala est « une entorse à l’accord du 31e décembre », assure-t-elle, appelant à une application « de bonne foi » de l’accord sur la transition. Un accord devenu après l’expiration du mandat du président Kabila le 20 décembre 2016, source de crédibilité des institutions congolaises, soutient la Communauté internationale.

Une semaine plus tôt, pareille critique a obligé Kinshasa à suspendre sa coopération militaire avec la Belgique. Le ministre belge des affaires étrangères Didier Reynders estimait conforme « ni à l’esprit ni à la lettre » de cet accord que les évêques catholiques ont obtenu des politiques dans l’espoir de sauver la RDC des violences.

Dans un Tweet, l’organisation des évêques catholiques, la CENCO, promet pourtant de ne pas arrêter de dénoncer « toute mauvaise foi ».

Les évêques « en concurrence » avec le président de la République

La majorité présidentielle (MP) a répondu par un communiqué, appelant les prélats catholiques à « laisser à César ce qui est à César ». Une formule biblique par laquelle les politiques demandent aux religieux de rester à la paroisse, comme Mobutu en son temps.

La MP dénonce « une concurrence » des évêques « avec l’institution président de la République » qu’incarne Joseph Kabila. La Majorité « regrette énormément cette déclaration aux allures négationniste ». Et d’ajouter que les propos de la CENCO « sont perçus par l’opinion comme inexplicables, éloignés de l’amour comme un des points cardinaux du christianisme ».

La Majorité du président va jusqu’à accuser les évêques catholiques d’entrer « en concurrence déloyale vis-à-vis de l’institution président de la République qui a agi avec diligence nécessaire. » Conforté par des scisions au sein de la plateforme de l’opposition qui jusqu’ici a offert une résistance au pouvoir, le président Kabila semble déterminé à ne plus l’écouter.

Kabila prend l’accord sélectivement

D’autant plus, elle vient de bénéficier, après l’Union africaine, du soutien de la SADC. « L’accord du 31 décembre a respecté le principe d’inclusivité », a conclu la délégation SADC reçue le 21 avril par le président Kabila, selon Actualité.cd.

Chaque jour qui passe, la RDC a tendance à s’enfoncer dans la crise alors que les protagonistes raidissent leurs positions. Reste à savoir quel rôle les évêques catholiques joueront dans ce contexte tendu. Ils sont nombreux les congolais qui leur reprochent d’avoir sauvé le régime Kabila annoncé finissant avec la mobilisation de la rue, avant l’accord qui aujourd’hui semble ne plus intéresser le régime Kabila.

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