L’ONU limitée dans l’imposition de la paix en RDC

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Monusco, RDC

L’usage de la force ne rend pas du tout les missions de stabilisation onusiennes efficaces. En revanche, l’ONU y perdrait de sa crédibilité. La RDC et le Mali au cœur d’une publication de l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM) de France publiée le 28 avril.

Cette étude du chercheur (en Afrique de l’Ouest) Denis Tull se penche sur les limites des missions de l’ONU au Mali et en RDC. Opposé à l’emploi de la force, il soutient que sans une vision politique convergente des principaux acteurs, la force n’est pas une solution durable.

La paix, ils se l’imaginent différemment

Or, dans le cas de la RDC, cette convergence semble rare. Les acteurs affichent parfois « intérêts » divergents. Divergentes deviennent aussi leurs stratégies d’approche de la paix. L’étude cite le silence qui a suivi le succès de la Brigade d’intervention de l’ONU dans la traque de la rébellion du M23 en 2013. « La Brigade d’intervention a obtenu un succès tactique particulier sans pour autant se traduire en progrès stratégique », écrit l’auteur.

La SADC, initiatrice de cette force, par exemple, visait la chute de cette rébellion. Elle par ailleurs presque stoppé ses actions censées se poursuivre contre d’autres groupes armés. L’étude explique :

« Sur le plan de la géopolitique régionale, il s’agissait de contrecarrer la politique d’influence du Rwanda, parrain du M23. Quitte à voir la brigade de la SADC opérer en parallèle avec la MONUSCO, le Conseil de sécurité de l’ONU était forcé de l’intégrer dans le dispositif de la mission. Ainsi les rivalités régionales expliquent pourquoi, suite à la neutralisation du M23, sa principale cible, aucun autre effort sérieux n’a été aménagé au terme du mandat. »

La force, « une solution en trompe-l’œil »

Autre exemple de « divergence des stratégies » : lorsque la Monusco entend venir en appui aux autorités congolaises, voudrait la voir un peu plus proactive. Des parlementaires européens ont critiqué en avril 2017 cette approche onusienne en RDC. Ils ont dénoncé le fait que près de 15 ans après, la Monusco n’a pas réussi à faire mettre fin aux groupes armés.

« Imposer la paix par la force implique par définition qu’une mission devienne un acteur du conflit, ce qui rend impossible le respect des trois principes clés des missions onusiennes : l’impartialité, le non-recours à la force (sauf en cas de légitime défense ou de défense du mandat) et le consentement des différentes parties du conflit à la présence d’une mission. »

Cette critique rejoint le courant au sein de l’ONU qui voudrait plus de force et d’actions en faveur de la paix. « Une solution en trompe-l’œil », considère la recherche de l’IRSEM pour qui, on propose-là « une solution militaire pour un problème politique. » La solution durable, en effet, serait d’encourager les actions politiques, le dialogue, par exemple.

Monusco
Le contingent chinois de la MONUSCO au Sud-Kivu, RDC. Source: Flikr/Monusco

L’ONU, utile pour sa force?

On le sait, l’action politique n’a pas non plus fonctionné, dans le cas de la RDC. Parfois, elle a engendré les mécontentements des groupes armés qui s’en sont pris à l’ONU.

La RDC tout comme le Mali, étudiés par Denis Tull de l’IRSEM, sont plongés dans une instabilité telle que le rejet de la force, pour l’ONU, ne fera que renier son image. Parfois, la seule présence de la force onusienne appelle à la retenue les protagonistes. En réalité, c’est quand ils mesurent sa capacité de nuisance. Les pouvoirs semblent en profiter le plus, même si parfois, ils ne jouent pas toujours franc jeu.

Les partenaires de la RDC, par exemple, avaient demandé de reformer les services de sécurité en vue de renforcer la sécurité et la protection des droits humains. Sur les deux, indique la recherche de l’IRSEM, le gouvernement a peu réjoui ses partenaires.

Didier Makal

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