« Un simple remaniement », le gouvernement Tshibala

Dans Actualités, Politique
Bruno Tshibala

« Un simple remaniement »,  le gouvernement de Bruno Tshibala, publié le 9 mai en RDC. C’est ce qu’en dit le politologue Kyungu Shimbi, chef de Travaux à l’Université de Lubumbashi. Il craint aussi que cette équipe « éléphantesque » ne gêne l’organisation des élections attendues fin 2017.

L’Accord sur la transition en RDC n’est plus appliqué « comme les acteurs l’avaient signé. » Kyungu Shimbi signale un premier ministre contesté, Bruno Tshibala, et un gouvernement non-inclusif. « Il faut noter qu’il s’agit d’un simple remaniement au sein du gouvernement. Il n’y a pas eu d’élection, on a le même parlement », a-t-il expliqué dans une interview à la télévision Kyondo.

Tshibala dans un Accord « appliqué différemment »

L’équipe du premier ministre Tshibala, à 59 contre 54 prévus par l’Accord, garde l’ossature du précédent gouvernement. Le pouvoir garde l’essentiel des portefeuilles de souveraineté. En plus, les nouveaux venus « ne constituent pas les gros poissons », estime l’universitaire.

« On ne cite que les noms de Lisanga Bongonga de l’UDPS, du professeur Tshibangu Kalala et de Joseph Kabika, un des [célèbres] 13 parlementaires. » Les autres semblent tout nouveaux. « Et pourtant, ce sont des ministres comme les autres. Ce sont des gens qui ne sont pas connus. Et politiquement, ils ne pèsent même pas, commente Kyungu Shimbi. »

Bruno Tshibala, RDC
L’opposant Bruno Tshibala nommé premier ministre en RDC vu par le dessinateur Glez. Crédit photo Habari RDC.

Le chercheur en Sciences politiques de l’Université de Lubumbashi constate aussi que l’accord sur la transition n’est pas appliqué tel que signé. Un accord sans une partie de ses signataires. Pour lui, « l’inclusivité c’est de prendre les forces politiques représentatives. Or les forces de l’opposition en sont pas dans ce gouvernement ».

Aussi, selon Kyungu Shimbi, par cette équipe, « on a renforcé le dédoublement des partis politiques. » Certains nouveaux ministres, le cas de Lisanga Bonganga, sont en conflit avec leurs partis. Ces partis les ont exclus et rejettent la nomination de Bruno Tshibala comme premier ministre.

Un gouvernement « éléphantesque », « budgétivore »

Ce gouvernement a la charge d’organiser les élections, d’ici à décembre 2017. Les perspectives paraissent sceptiques.

« Mais tout le monde sait que ce n’est pas le gouvernement qui va organiser les élections. Il va soutenir financièrement la CENI. Mais en ayant une équipe éléphantesque de 59 membres, c’est déjà budgétivore. Si cela a été l’objectif, rationaliser les dépenses, on aurait réduit le nombre des ministères », considère Kyungu Shimbi.

La crise persiste alors.

CD

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