Serge Kayembe, Cinétoiles : « Nous aimons de films biens »

Dans Actualités, Congo profond
Cinétoiles Lubumbashi

Le festival de Cinéma de Lubumbashi, le Cinétoiles, a mobilisé en 2017, de nouveaux réalisateurs. Ils viennent de Kinshasa et de Goma, en plus de l’ancien Katanga. Des films sont aussi venus du Cameroun, du Rwanda et des États-Unis. Congo Durable a rencontré le nouveau coordonnateur du Cinéma des étoiles, le Chef de Travaux Serge Kayembe de l’Université de Lubumbashi. Il partage sa vision du festival.

Cela fait pratique deux mois que vous avez été élu coordonnateur de l’ASBL Cinétoiles. Quelles nouvelles idées apportez-vous pour la septième édition du Festival?

L’ASBL Cinétoiles a préparé le festival pendant une année. J’ai trouvé la préparation déjà en cours et je me suis impliqué tout en y apportant mes propositions pour que cette édition soit bien faite. Déjà que cette année, le Festival a dépassé le champ de cinéma d’école, pour s’ouvrir à des films d’autres réalisateurs, producteurs du Congo et d’ailleurs.

Maintenant que vous avez invité les rwandais et camerounais, quelle va être la place des étudiants dans le festival ?

Le cinéma amateur est là. D’ailleurs, vous savez que le cinéma est aussi aux amateurs, tous les arts sont nés avec des amateurs. Le cinéma c’est d’abord une fête, c’est le partage d’un rêve. Nous voulons aussi nous ouvrir aux rêves qui viennent d’ailleurs, aux rêves des autres, pourquoi ne pas apprendre des autres ? Savoir ce que font les autres, et cela va certainement nous édifier et édifier aussi les étudiants qui s’intéressent au cinéma.

Comment voyez-vous Cinétoiles dans trois, cinq ans ?

Quand j’analyse les réalisations des éditions passées du Festival, quand j’observe le niveau du cinéma au Congo, je me dis qu’il y a quand même quelque chose qui manque. Mon projet est qu’on commence par le début : le cinéma c’est d’abord l’écriture du scénario. Il n’y a donc pas de formation sur l’écriture d’un scénario. Voilà pourquoi avec l’Institut français, Halle de l’étoile, nous avons réussi à obtenir une formation. Un formateur viendra initier ceux qui aiment le métier à l’écriture du cinéma. C’est tout un art aussi. Il y aura d’autres formations sur la réalisation. J’entrevois aussi des formations des acteurs, sur le montage, dans la production et la post production.

Vous pouvez lire aussi : Cinétoiles, vitrine du cinéma congolais à Lubumbashi

Est-ce que ce n’est pas une façon de remettre en cause les compétences et les réalisations déjà manifestées ?

Non. Ce n’est pas remettre en cause, parce que le cinéma est d’abord un rêve. Un film est d’abord une belle histoire à raconter. Mais au départ, il faut tout d’abord maîtriser le langage du cinéma. Par contre, ces formations vont renforcer les capacités de créer des histoires, de les écrire, de les réaliser et de les proposer au public. Le grand Katanga est une région culturelle. Nous payons des films et nous les consommons beaucoup. Nous aimons de films bien. Malheureusement le cinéma est en train de mourir ou, il est déjà mort par manque d’infrastructures de projection. Je souhaite que cette province retrouve sa place culturelle.

Propos recueillis par Arsène Bikini.

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