La liberté d’expression, cette étrangère au Congo !

Dans Opinions, Politique
Unadef, Mwando, Lubumbashi

Plus aucune équité dans la prise de parole publique entre politiciens congolais. Cela fâche et divise, et c’est un peu trop. Le chef de l’État qui s’est fait, par malheur, des anges et des démons ne sait plus arbitrer le jeu démocratique. Les partis membres du Rassemblement de l’opposition sont sans expression libre. En revanche, ceux de la majorité au pouvoir ont carte blanche. Sauf à contredire leur propre camp.La liberté d’expression en souffre.

Depuis plusieurs mois, Lubumbashi est le centre d’une pression politique orientée entre mouvances opposées au pouvoir. Ceux qui hier étaient parmi les fils du Père ont perdu leur part de grâces, en devenant des Pères. On n’a que faire des coups qu’en prend la constitution : ceux qui ne sont pas avec le Père, c’est contre lui. Et donc, pour eux, pas de liberté d’expression.

Deux poids, deux mesures, et pas de liberté d’expression

Les opposants en ont marre, le pouvoir s’en moque. Le dicton est connu, et c’est clair : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Il faut bien que pendant que les uns s’expriment, d’autres se taisent s’ils ne peuvent écouter ce qui leur est dit. Sauf que là, la République s’arrête et perd son épithète « démocratique ». Ce qui, du coup, jette un doute sur « la République. »

Deux poids, deux mesures ! Les opposants congolais ramènent à la surface le débat sur les valeurs de la démocratie « accolées » à l’identité même de notre pays. La liberté d’expression finit par être caviardée de la Constitution qui définit notre vivre-ensemble en tant que nation. Lorsque les opposants perdent la parole, et que les défenseurs des libertés publiques et citoyennes se taisent, alors revient le temps où liberté d’expression s’applique uniquement en chambre.

Christian Mwando : « Je ne me tairai pas ! »

La gêne s’est produite le 23 mai, lorsque l’opposant Christian Mwando s’est fait expulsé du centre Arrupe où il s’apprêtait à donner une conférence sur l’Accord sur la transition. Hier, membre de la majorité au pouvoir, ce président de l’Unadef, aurait tenu sa manifestation sans ennui. Puisque oins d’une semaine après, d’autres politiques ont tenu les leurs en paix.

« Je déposerai une motion de censure contre Aubin Minaku, il ne mérite pas d’être président de l’assemblée nationale. Il ne protège pas les droits des opposants », a lancé l’opposant Christian Mwando, énervé. Seulement, il a ignoré de considérer que le parlement ne défend plus les lois qu’elle crée. Ne pas se taire, lorsque que quelque chose ne va pas, n’est-ce pas le rôle du « député » ? N’est-ce pas aussi son devoir de défendre la liberté d’expression, et les libertés en général? Pourvu qu’on l’écoute !

Après les manifestations publiques, au sens de « place publique », les réunions et conférences sont interdites, et verbalement. La loi, au final, c’est ce qu’éprouve l’autorité ou ce qui est écrit et doit être respecté ?

Fidèle Bwirhonde

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