Lubumbashi : Manger dans le Malewa, et payer sa maladie ?

Dans Congo profond, Environnement
Du Bukari, principal aliment à Lubumbashi

Les restaurants de fortune, connus comme « malewa », terme venu de Kinshasa, peuplent les périphéries de Lubumbashi, et même le centre-ville. Ils suivent les commerces. Pour la plupart, ces restaurants affichent un manque criant de propreté.

Centre-ville de Lubumbashi, avenue Kasaï. C’est midi, des amis nous invitent dans un malewa, dans les encablures du marché Lunsonga. Un grillage s’ouvre de l’extérieur, l’équipe longe un couloir étriqué, et débouche sur une terrasse. C’est un espace de 5 mètres carrés rempli de musique et d’hommes et femmes mangeant et buvant.

Une cuisine en plein air, le malewa comme le peut

En face paraissent deux boîtes peu discrètes, juxtaposées, portant les mentions « WC homme, WC femme. » « Ne t’intéresse pas à ce que tu vois, mange seulement », conseille un jeune homme dans la trentaine. Les toilettes sentent et ne sont pas bien entretenues. Bien plus, de mouches géantes circulent dans l’espace.

Les malewa de la ville paraissent parfois bien confortables, comparés à ceux des périphéries. À Katuba, par exemple, ils sont construits en bois, en bâches oranges ou en en tôles vétustes. L’espace intérieur peut mesurer jusqu’à deux mètres carrés, sans une aération suffisante. La cuisine se tient dehors, à l’air libre et exposée à la poussière que soulèvent les véhicules au passage. Pareil, au marché Nsoko, sur la route Kasapa, dans la commune Annexe.

Malgré ce manque apparent de soin, les malewa accueillent chaque jour de nombreux clients. Ils vont des gens ordinaires, manutentionnaires. Ils accueillent aussi vendeurs des marchés, chauffeurs d’automobiles, aux des « gens sérieux sortis de leurs bureaux pour une pause », explique Gaby Muleka, jeune servante dans un restaurant.

Manger à moindre coût et fermer l’œil sur l’environnement

Le plus alarmant c’est le peu de soin qui entoure la cuisine dans les malewa. « Après usage, les assiettes et gobelets sont simplement trempés dans l’eau. Ils sont ensuite réutilisés pour servir d’autres clients », rapporte les enquêteurs de Congo Durable. « Nous n’avons pas beaucoup d’assiettes, mais il y a beaucoup de demandes des clients. Nous essayons d’agir vite pour que les clients, pressés, ne puissent partir chez les autres », Chantal, au marché central de la commune de Kenya.

Les menus que proposent les malewa sont presque pareils dans plusieurs quartiers : du poulet, des chinchards, des poissons salés ou de la viande a bukari. Ce qu’a vu un de nos enquêteurs, ce sont parfois « quelques graines de riz et de haricot nageant dans une eau sucrée et colorée à l’huile de palme, pour toute sauce. Pas véritablement de cuisine lushoise telle que connue », notre reporter.

« L’essentiel pour moi est de bien manger et de me rassasier avec peu d’argent. Je ne peux pas me permettre d’aller dans les restaurants de luxe. Le matin, je mange du riz aux haricots pour 500 Francs, à midi le bukari à 1.200 ou à 1.500 Francs (environ 1 USD) », explique un client dans un restaurant au marché Kenya.

Un petit budget pour un travail qui demande beaucoup

Pour Mamy Kayinda, responsable d’un restaurant à Tabacongo, son travail épuisant et exigeant, ne lui donne pas les moyens d’améliorer ses outils de travail. « Nous avons de petits budgets pour un travail qui nous demande beaucoup », explique-t-elle. Mais ces exigences sont moins dans le soin des services et l’amélioration de l’environnement de travail. Les services communaux d’hygiène échouent parfois de suivre de près ces restaurants créés sans se référer à l’urbanisme.

Arsène Bikina, Willy Mbuyu

Didier Makal

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