Eau et électricité, un droit de l’homme violé en RDC

Dans Actualités, Congo profond
Eau et choléra

C’est une affaire des lois et des droits humains, l’eau et l’électricité. Un droit social et économique reconnu à toute personne humaine. Mais il est de moins en moins réel ou point d’être considéré comme utopique pour plus d’un congolais.

Entre le 7 et le 21 mai, l’eau a manqué dans plusieurs quartiers de Lubumbashi, sans aucune explication.

L’eau et à l’électricité, un droit fondamental

La Constitution de la RDC est on ne peut plus claire. « Le  droit  à  un  logement  décent, le  droit  d’accès  à  l’eau  potable  et  à  l’énergie électrique sont garantis », indique l’article 48. Il est vrai que l’eau fait partie de l’alimentation. C’est le fondement même de son caractère urgent. Et dès lors, sa qualité promeut ou détruit la santé individuelle et communautaire.

L’article 47 de la Constitution qui garantit le droit à la santé oblige alors de soigner la distribution d’eau. C’est cette raison que la Régideso est un service public de production et de distribution d’eau. C’est une obligation pour le pouvoir public et pour la société.

La Déclaration universelle des droits de l’homme (l’article 25) soutient le droit à une bonne santé. « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, …». Pareil pour le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 11).

Eau, mais aussi électricité, des droits publics

Le chercheur indépendant Stanis Ntumba pense qu’à l’obligation de bonne hygiène autour de l’eau, il faut ajouter l’électricité. « C’est la qualité de l’eau qui la rend potable ou pas, et c’est une affaire d’hygiène et donc de santé. Or le traitement de l’eau nécessite le recours à l’électricité. Bref, on ne saurait séparer ces aspects et dire que tout va bien ».

Lubumbashi, eau
Un creuseur nettoie à l’eau ses minerais dans une carrière à Kipushi. Photo Didier Makal, 2016.

La loi n°14 du 17 juin 2014 régule le secteur de l’électricité en RDC. Elle reconnait que « l’électricité est l’un des facteurs majeurs et irréversibles qui qui conditionnent le développement économique, social, technologique et culturel de toutes les nations, de tous les peuples, de toutes les communautés ou  de tout individu pris isolément. » Aussi, la loi n°15 du 31 décembre 2015 relative à l’eau, oblige l’État congolais à garantir « à tout Congolais l’accès juste et équitable aux ressources en eau et aux espèces aquatiques » (Art 5). L’absence est un manquement punissable en justice, fût-il pour l’État qui, du reste, est un sujet de droit.

Un droit, ça se revendique

L’eau c’est la vie, pourvu que l’affirmation se confirme partout. Défendre son droit à une eau propre est déjà chercher à soigner sa vie. De plus en plus, à Lubumbashi, des quartiers protestent pour exiger le rétablissement d’eau et d’électricité coupés. La pratique a déjà le pouvoir de presser les dirigeants et les gestionnaires de deux services publics. Mais il manque des structures solides et capables de mener un véritable plaidoyer, parfois le lobbying, pour une eau et une électricité qui garantissent réellement les droits citoyens. « La revendication ne doit pas être sauvage », conseille Stanis Ntmba. Il s’inquiète, en plus, que « c’est devenu normal que des dizaines de personnes aillent à la chasse de l’eau à longueur de journées, dans un pays où l’eau coule à flot. »

Il faudrait, selon lui, « rencontrer la Régideso, lui parler en toute responsabilité. S’il n’y a pas de solution, formons un comité de suivi tant auprès de la Régideso que des députés qui sont nos porte-voix. C’est un bon début de revendication ».

En 2013, un rapport de la banque mondiale montrait que la consommation de l’eau de la Régideso se concentre à 79% sur les villes de Kinshasa, Lubumbashi et Matadi, représentant 72% du chiffre d’affaires de la Régideso. Mais le droit à l’eau comme à l’électricité reste une inconnue à Lubumbashi.

Fidèle Bwirhonde

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