En RDC, 85% de la population sont sans électricité

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Electricité

Comme l’eau, l’électricité est reconnue comme facteur de progrès social. Pourtant, elle manqué à Lubumbashi, 2e grande ville congolaise. Autant pour l’ex-Katanga, riche en minerais et qui pourtant voit l’électricité aller dans l’industrie de cuivre et de cobalt.

Des statistiques effroyables sur l’électricité

Seulement 15,4% de la population congolaise accèdent à l’électricité, d’après les chiffres du ministère national de l’énergie et des ressources hydrauliques (avril 2017). Ils révèlent une situation globale bien alarmante. La Fédération des Entreprise du Congo (FEC), section du Katanga, estime que « 40% seulement de la population a accès à la déserte en énergie électrique ». La majeure partie se situe en milieux urbains, principalement Lubumbashi, à Kolwezi et à Likasi.

Si les anciens Katangais se plaignent de l’insuffisance ou de l’absence de l’électricité, la multitude d’entreprises minières qui les entourent en seraient, en partie, la cause. Elles consomment la majorité du potentiel électrique disponible. L’autorité de distribution de l’électricité (Snel) évalue son déficit à plus de 900 Mégawatts. À la fin du premier trimestre de 2017, les miniers en envisagé même d’importer de l’électricité en Afrique australe.

Cette vérité qui blesse

Une enquête menée en janvier 2012 dans le territoire de Kambove, à 75 km de Likasi, révèle que les barrages de Kioni et Mwadingusha peuvent alimenter le Haut-Katanga à 110%, voire plus. Mais la situation reste inchangée, cinq ans après. La vétusté des turbines, non entretenues en plus, réduit la production des centrales électriques.

Sur les neufs turbines installées dans le Katanga depuis l’époque coloniale, trois seulement sont en service. À Mwadingusha, deux turbines sur six sont actives, alors qu’une seule sur trois tourne à Kioni. Des sources à la société nationale d’électricité renseignent que « ces machines ont été entretenues correctement pour la dernière fois, il y a plus de deux décennies », voire plus, « sous le Zaïre. » Actuellement, on s’efforce à assurer juste une maintenance », a indiqué sous anonymat, un agent « non habilité » à communiquer sur le sujet.

Lors de son passage à Lubumbashi en avril 2017, le ministre de l’énergie a révélé que la RDC compte 890 sites pouvant produire de l’électricité et que l’ex-Katanga n’avait besoin que de 750 Mégawatts. Puisque rien qu’à compter le déficit électrique minier, estimé à environ 300 Mw, ces chiffres paraissent bien minimes. C’est vraisemblablement que le ministre ne considère pas les besoins des milieux ruraux qui n’ont jamais eu de l’électricité depuis la colonisation.

Ce tableau sombre est pourtant la vraie image de la RDC. Le pays dispose pourtant d’un grand potentiel hydroélectrique, sans forcément compter sur le puissant barrage d’Inga. Situé à côté de Kinshasa, il n’alimente pas suffisamment sa population.

Eric Cibamba

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