L’économie du Katanga fait les frais de la crise en RDC

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Katanga, économie

La crise politique qui secoue la RDC a un impact négatif sur l’économie du Congo, particulièrement dans l’ex-Katanga minier. Plusieurs participants au café de presse de Vox Congo, un programme de l’ONG Internews dédié à la démocratie, lundi 19 juin à Lubumbashi.

« La crise politique au pays est à impact très négatif sur l’économie de nos provinces », affirme Freddy Dikwizala, analyste politique et chercheur en Communication. La crise à trois formes, légitimité, légalité et « crise d’’Etat », explique le chercheur, impacte fortement la confiance des investissements.

Les investisseurs apeurés, le Katanga en peine

Les provinces nées du Katanga en 2015 s’en trouvent menacées, en majorité dépendantes des mines. « Aucun investisseur ne se permettrait de venir dans cet état délétère, explique-t-il. L’environnement des affaires est territorialisé et les investissements étrangers directs ne sont plus garantis. Les PME (petites et moyennes entreprises) peinent aussi à exister. »

Tout ne va pas si mal au Katanga

Florent Musha est économiste, membre du cadre de concertation de la Société civile du Katanga. Il voit une certaine constance économique, en termes de production et d’exportation de cuivre et cobalt, principaux produits miniers de la région. « Entre 2015 et 2017, on est passé de 5.000 à 6500$ par tonne de cuivre, alors que le cobalt dont nous sommes premier producteur mondial, est passé à 44$ le kilo à ce jour. Ceci marque une certaine progression », avance Florent Musha.

La mobilisation des recettes dépend, toutefois, des potentialités de chaque nouvelle province. Mais que le découpage territorial n’ait pas été bien préparé, cela gêne leurs économies, soutient-t-il.

La RDC en manque de devises, le dollar américain

L’économiste note un impact important du taux de change du dollar américain, sur les processus économique. Craignant l’instabilité politique en RDC, « les investisseurs ne rapatrient pas assez de devises au pays », explique-t-il. D’où le taux de change qui n’en finit pas de galoper.

Une crise que la RDC aurait pu éviter, en préparant le découpage

Jean-Luc Kayoko, spécialiste en décentralisation, pense qu’il faudrait une certaine collaboration entre toute la société pour réussir l’implantation de nouvelles provinces. « Le découpage enregistré au pays était plus politique que normal. Il aurait pu être la dernière étape de la décentralisation », regrette-t-il. Le manque de préparation ayant caractérisé l’installation de nouvelles provinces a conduit à des désordres dans l’ex-Katanga.

La crise qui secoue la RDC, pour Kayoko, affaiblit les provinces. « L’homme n’est pas mis au centre d’intérêt. Les acteurs sont des apprentis sorciers, ils apprennent tout sur le terrain. »

Plus elle durera, la crise politique congolaise en cours pourra davantage fragiliser les provinces, non pas seulement dans l’ancien Katanga, mais un peu partout en RDC. C’est une conviction manifestée par plusieurs participants au café de presse de Vox Congo, à Lubumbashi.

Fidèle Bwirhonde

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