Les 4 grands destructeurs des forêts du Katanga

Dans Congo profond, Environnement
Déforestation, Katanga

L’espace Katanga, région minière du sud de la RDC, vit une déforestation qui alarme constamment la société civile. Mais à côté des mines, l’agriculture itinérante et le charbon de bois sont plus destructeurs encore des forêts. Des campagnes de reboisements, en outre, peinent à constituer un réel espoir pour l’écosystème forestier régional.

Les forêts humides et claires (Miombo) du Katanga abritent plusieurs espèces végétales, mais aussi une faune importante. C’est le lieu de nombreux rongeurs, de grands et petits mammifères, des antilopes, et même des éléphants.

Strictement réglementée durant la colonisation, la coupe de bois a explosée avec de nombreux conflits qui se sont succédé dans le Katanga. Mais, considère le magazine Impact, le désordre dans l’attribution des contrats miniers a un impact très direct sur ces forêts fragiles. « La relance du secteur minier, explique le magazine, trop souvent réalisée de façon anarchique, a également provoqué une forte dégradation des écosystèmes du Miombo. »

Une dépêche de l’agence de presse PANA rapportait cette alerte de la société civile du Katanga, restée sans suite depuis 2008. « Sociétés Groupe Bazano, TFM, Semex, Somika et Phelps Dodge, (…) font des prélèvements, des sondages et des déboisements à grande échelle, dénaturant la réserve et obligeant les éléphants qui constituaient une importante composante de la population faunique de la région à immigrer vers la Zambie. »

L’agriculture itinérante et le charbon de bois plus destructeurs des forêts

L’agriculture itinérante sur brulis passe au premier plan des causes de déforestation dans le Katanga. C’est ce qu’indique une étude du ministère de l’environnement datée de 2012. Le charbon de bois arrive en deuxième position, juste avant la fabrication des briques, 3e. L’exploitation artisanale du bois, le bois de chauffe, sont côtés à la priorité 4. Pareil pour l’exploitation minière et les feux de brousse, ex-aequo, comme priorité pour le Katanga.

Cela veut dire, en clair, que les mines, bien que détruisant les forêts (4e niveau), ne sont pas si pire que ne les présentent les activistes de la société civile. Le charbon de bois (principale source d’énergie en ville), combiné avec le bois de chauffe, utilisé en milieu rural comme source d’énergie, détruit plus que quiconque.

Bien plus, la déforestation aux fins de fabrication de charbon de bois (makala), la pollution minière, les feux de brousse, et la fabrication de briques sont aussi destructeurs des forêts. Le bois ou le charbon de bois sont, en effet, la principale source d’énergie pour cuire les briques.

Le Katanga (région minière) produit environ 323.000 tonnes de charbon de bois et 69.000 tonnes de bois de chauffage. C’est ce qu’indique une étude environnementale de la coopération allemande, GIZ, datée de 2014. « A considérer que l’agriculture constitue l’activité qui occupe la majorité des populations rurales, il y a à craindre la disparition rapide des forêts », s’inquiète l’environnementaliste du Katanga Kut-a-Kut, contacté par Info Congo.

Les mines, peu responsables dans le rétablissement des forêts du Katanga

Mais si l’industrie minière est pointée du doigt, c’est parce qu’elle est la seule des destructeurs de forêts connus.

Du point de vue économique, elle est la seule capable d’agir à grande échelle pour la protection de l’environnement. Elle a les moyens de replanter les bois, reforester. Mais bien souvent, ses actions sont trop faibles, ou maigres. En outre, la taxe pour l’environnement prévue par le code minier ne sert pas reboiser les zones minières.

Parmi les miniers, certains sont réputés pour le peu de responsabilité environnementale qu’ils affichent. En 2011, un rapport de l’ONG CIFOR mettait en cause le commerce et les investissements chinois dans la déforestation au sein du bassin du Congo. La RDC a même fourni à la Chine 40% de ses ressources naturelles importées.

Dans son rapport de 2011, la Division post-conflit et gestion des désastres et le PNUE définissaient comme principaux acteurs de la déforestation, l’Agriculture et le bois. Puis, la population et « les  autres » secteurs parmi lesquels les mines.

Didier Makal

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