Pharmacies, kiosques de la mort à Lubumbashi

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Pharmacies, Lubumbashi RDC

Ils se vendent dans la rue, ils sont en officines ou dans des couloirs de bâtiments et, peu importe la température, les médicaments sont en pharmacies. Ils sont accessibles partout et à tous, à Lubumbashi. Inutile de savoir, dès lors, s’il existe de contrôles du pouvoir public et des services de santé.

La devise de l’ordre de pharmaciens congolais est pourtant claire : « Science, Conscience, Probité ». Mais que valent ces mots quand « l’État se montre négligeant », et pas prêt à investir dans le secteur ? Les pharmacies pullulent alors.

Qui tient la pharmacie tient la santé publique

Au 20 juin 2017, seulement 1.180 noms figuraient sur le tableau de l’ordre des pharmaciens de la RDC, depuis 2015. Pourtant la seule ville de Lubumbashi emploierait bien plus ce chiffre.

L’inspection provinciale des pharmacies, autorité des laboratoires, médicaments et plantes médicinales, croit que ce sont « des vendeurs de la mort qui finiront par disparaitre ». Pour le pharmacien inspecteur provincial, Dr Richard Lenge, « un pharmacien tient entre ses mains une grande responsabilité sociale face à la santé publique ».

Pharmacien n’est pas tout le monde

Les établissements pharmaceutiques (pharmacies, dépôts et maisons d’optique) doivent répondre à une série de conditions avant leur ouverture et pendant leur fonctionnement. Ils dépendent largement de l’inspection provinciale alors que les pharmaciens dépendent de l’ordre des pharmaciens.

Seul un pharmacien formé et agréé devrait opérer, insiste le pharmacien inspecteur provincial. Et l’environnement exigé est clair : « au moins 45m2, comprenant le bureau du pharmacien et son espace de préparation magistrale, une réception, des installations propres et une salle d’entreposage », rappelle le Dr Richard Lenge. Et d’ajouter que « deux pharmacies doivent être distantes d’au moins 500m à 1 km. En milieux urbains, la loi prévoit une pharmacie pour 10 mille habitants ou pour 5 mille en milieux ruraux ». Avec entre 1,7 et plus de 6 millions d’habitants, Lubumbashi devrait compter au moins 179 pharmacies.

Le constat a beau être triste, l’inspection provinciale rassure mener une lutte acharnée contre les abus jusqu’au rétablissement de la conformité. Pourvu que cela tienne.

Les tradipraticiens aussi concernés !

L’inspection de la santé souvent soupçonnée d’une certaine légèreté aurait son regard sur tous les secteurs liés au domaine pharmaceutique. La médecine traditionnelle n’est pas épargnée du contrôle autant que les pharmacies ordinaires, assure l’autorité. De toute façon, elle recourt aux plantes médicinales en destination de la population.

Après un premier contrôle suivi de la fermeture des pharmacies non conformes, il y a deux ans, le  pharmacien inspecteur provincial promet un nouveau dans « les 3 prochains mois » visant notamment « les kiosques de la mort » qui sont « un danger communautaire ».

Depuis que la débrouille est devenue un mode de vie commun à la plupart de congolais, la règlementation du commerce des médicaments peine à s’appliquer avec succès à Lubumbashi comme partout en RDC. L’inspection provinciale reconnaît la difficulté, mais en attendant que tous les services se mobilisent pour le changement voulu, les pharmacies dangereuses risquent de faire plus de victimes.

Fidèle Bwirhonde

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