Le smartphone n’a pas totalement tué la photographie

Dans Congo profond
Photographie, presse

L’amour pour la photographie professionnelle qui animait un bon nombre de Lushois s’envole à petit feu. Après l’avènement des smartphones, les séances-photo sur les places publiques, avec un défilement intense des amoureux de la photographie, se font rares. Les téléphones intelligents sont devenus ainsi une menace pour les professionnels de la photo.

Autour de la place de la poste, au centre-ville de Lubumbashi, rodent les mordus de la photographie, œuvrant à peu près sur l’instantané. 5 sens en alerte ! Ces photographes dirigent alternativement leurs regards vers les avenues Sendwe, Chaussée Mzee et Munongo, pour solliciter la clientèle parmi les passants.

La moins bonne affaire de la photo payante

Lubaba, une trentaine révolue, arpente la place Moïse Tshombe avec son appareil-photo accroché au coup, au moyen d’une laisse. « La photographie n’est plus la même, commence-t-il. Avec l’avènement des smartphones, les gens semblent se passer des photographes professionnels. Le métier lui-même a presque perdu sa valeur, les gens qui viennent se faire photographier partent sans revenir, oubliant même de retirer leurs photos ».

Le métier de photographe fait face menace portée par la photo, parfois de très bonne qualité, sur le téléphone mobile. Les utilisateurs n’ont plus assez besoin des photographes commerciaux ou professionnels. C’est la fin de l’âge d’or de la photo, et du photographe jusqu’à hier très recherché.

La photographie durable

L’avènement des smartphones n’a pas été favorable à la situation économique des professionnels de la photographie. Emmanuel Simbi a mal que les photographes ne soient plus respectés dans les grandes cérémonies. « Les gens préfèrent utiliser leurs téléphones pour se prendre des photos ». Mais les photos sur mobile sont réputées ne pas toujours avoir de qualité qui dure.

Mais le smartphone n’a pas signé l’acte de décès de la photographie professionnelle, avec sa dimension artistique, ses photographes attentifs aux cadrages et aux couleurs. « Tout le monde peut avoir un smartphone et photographier, mais tout le monde ne peut pas donner les mêmes images. Tout le monde ne peut pas donner les images qui parlent, qui racontent des histoires », estime  Jacky Mpungu, professeur en arts du spectacle.

Le métier de photographe ne se résume pas à la seule vente des cartes. C’est une profession qui a ses normes et sa grammaire, insiste Jacky Mpungu : « tout le monde ne peut pas faire de la photographie d’art, de presse. »

Ce sera peut-être cette dimension qui gardera à la photo sa survie, et son avenir.

Willy Mbuyu

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