La chute du Franc Congolais divise bailleurs et locataires à Lubumbashi

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USD chevauche Franc Congolais

Besoin d’une maison ? Cherchez avec patience. Louer une maison à Lubumbashi ne s’offre plus au premier venu. La faute à la monnaie congolaise qui plonge. Tous les contrats, même signés en Francs congolais, ont tendance à se convertir en dollars américain, plus puissant et stable.

Junior, jeune locataire au quartier Kalubwe, commune de Lubumbashi, est dans l’impasse. Il y a trois mois, son bailleur lui notifiait une hausse de 10 dollars américains sur son loyer. Seul motif avancé : le taux de change du dollar a haussé pour le Franc congolais, en chute libre depuis 2015. La surprise est telle que malgré les fluctuations du taux de change, la monnaie américaine n’a pas bougé. Puisque la dépréciation touche le franc congolais.

Si l’État pouvait avoir honte !

La RDC a des lois qui définissent notamment les modalités régissant les rapports entre bailleur et locataire. Des lois qui deviennent obsolètes à la date de leur signature, parce l’autorité ne sait que les signer, pas en assurer le suivi. Dans la ville de Lubumbashi, des conflits entre bailleurs et locataires, devenus ordinaires depuis des années, prennent ainsi de l’ascenseur.

Seulement que, le modèle de contrat de bail officiel en RDC est précis, en son article 3. « Le taux de loyer ne peut être modifié qu’en cas de plus-value du bien loué ou de réévaluation (ou de)  dévaluation officielle de la monnaie nationale ». Cependant, j’ose croire, ce principe ne devrait s’appliquer que si le loyer est payé en Francs congolais uniquement. Du reste, faudrait-il savoir si la chute actuelle du franc congolais est officiellement déclarée.

Et la garantie locative en Franc Congolais en question

La loi N°15/025 du 31/12/2015  sur le loyer est précise, au sujet des garanties locatives qui elles aussi, posent problème depuis la dépréciation du Franc congolais.  « Un bailleur qui perçoit une garantie locative de plus de trois mois pour le bail résidentiel encours une peine d’un à trois mois de prison », indique la loi. Bien beau ! Mais nos autorités seraient-elles donc bonnes à pondre les lois, mais inutiles s’il faut les appliquer.

Les conflits observés entre bailleurs et locataires ne surprennent plus personne, de nos jours. Avec ou sans préavis, le propriétaire s’arroge aujourd’hui le droit d’évacuer à gré le locataire, sans intervention de l’autorité, parfois hébergé sans contrat. « Va habiter dans l’une des maisons que l’État vous a déjà construites ! », cette phrase est connue des locataires qui tentent d’exiger le respect de la loi. La honte !■

Fidèle Bwirhonde

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