Danse folklorique pour l’ego politicien en RDC

Dans Congo profond, Politique
Danse folklorique

Danser devant les chefs n’exprime plus soumission, acceptation ou joie en RDC. Les politiciens, se l’offre, beau marché. Danse folklorique anime alors le folklore.

Avec le Sakayonsa, la célèbre danse à la gloire du président Mobutu, la danse folklorique est devenue un fait politique. Et depuis, le début de sa perte de significations traditionnelles. « Ce n’était plus expression de joie ni de soumission. On était passé de la soumission (par la force) à la flatterie », explique un analyste culturel de Lubumbashi.

Les congolais ont compris que la générosité des politiques de leur région est touchée par les chants et la danse. D’où l’importance de leur offrir danse et chants traditionnels, et arracher son pain quotidien. Les danseurs mêmes pensent que la danse n’a pour signification que la flatterie dans le contexte actuel.

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Danse folklorique à vendre aux politiciens

Les politiques congolais raffolent de déification. Ils recherchent la gloire, la soumission et l’attachement. Curieusement, même s’ils ne se sentent guère obligés. Obligés, comme les chefs des villages, obligés de sortir sous la pluie orageuse, en vue de stopper la foudre. Obligés, comme ces chefs traditionnels qui sortent, de nuit, pour chasser les esprits qui rodent dans les villages et empêchent des sommeils apaisés.

Des congolais suivent le rythme et s’adaptent, en ville. Ils tournent d’un camp à un autre avec la même danse. Les politiques eux-mêmes ne sont guère stables, en effet. Les mêmes danseurs, sans surprise, agrémentent les matinées et soirées de la majorité comme celles de l’opposition.

Par ailleurs, on estime que la danse pour les politiciens exprime la soumission aux idéaux et non aux personnes. Tant les idéaux sont conservés et défendus, la population s’y attache par la danse et exprime sa soumission. Ainsi, pour Laurent-Désiré Kabila, les communautés ont dansé pour saluer un « libérateur », le tombeur du dictateur Mobutu.

La danse folklorique, originelle, ne suit pas de protocole

Une marque de reconnaissance, parce que les citoyens reconnaissent un chef, comme légitime. Une légitimité qui tient non pas à un mandat électif valide, mais aux actions dans lesquelles ils se reconnaissent. C’est naturel, et digne de communion avec les leaders ou chefs, traditionnels ou politiques, lorsque ces accueils chaleureux viennent d’en bas. Ces femmes qui surgissent, contre toute attente, de nulle part, pagnes liés à la taille, d’autres étalés par terre, se déhanchant.

Ou encore, par exemple, après l’arrivée d’un chef, jeunes gens et jeunes filles se rassemblent et préparent un menu de circonstance, et surgissent, sans protocole, pour danser et chanter en signe de reconnaissance.

Tout compte fait, poursuit notre analyste, « ce sont les politiques qui définissent, au travers de leurs actes, ce que doivent exprimer les chants et la danse que la population leur offre. » Du coup, plus de naturel, et davantage de chiqué.

Ngalamulume

 

 

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