A Kasenga, les jeunes sont plus zambiens que Congolais

In Congo profond, Opinions
Kasenga, Haut-Katanga

La cité de Kasenga, dans territoire du même nom, est à près de 230 km de Lubumbashi. Ici, le principal emploi des jeunes, c’est le chômage. Les diplômés se comptent aux bouts de doigts. Car l’école ne s’offre pas à qui la veut dans ce territoire du Haut-Katanga.

« La jeunesse est l’avenir« , c’est une pensée connue aussi à Kasenga. Mais ici, personne ne sait distinguer les jeunes des vieux, si ce n’est que par leurs apparences plus que par leurs occupations. Ils ont tous la même vie, le même quotidien monotone : les champs, la pêche, et les enfants ! Et comme partout en RDC, les responsables de ce territoire ne peuvent pas mieux que de bons discours, cohérents. Aucun investissement dans la jeunesse.

L’école ne va pas bien à Kasenga

A Kasenga, le Cibemba est la langue locale. Il tutoie le Swahili aux côtés du Français qui fait rêver ceux qui ne vont pas à l’école. Cette langue si bien parlée par ses célèbres enfants, à l’instar de feu Augustin Katumba Mwanke, ancien gouverneur du Katanga et puissant conseiller du président Joseph Kabila. Mais tout le monde n’aura sûrement pas ses chances à lui. Car, étudier est une réalité dont les exigences dépassent bien souvent les capacités des parents et la culture des jeunes. Il faut de modèles, de moyens et des vraies raisons d’étudier.

Plusieurs écoles sont invraisemblables, autant que les frais d’études. Chaque mois coûte aux parents entre 1 000 et 4 500 francs congolais, soit moins d’un dollar américain et cinq. Mais c’est toujours trop demandé à cette population pauvre. « Personne ne pense à nous, nous ne semblons appartenir à personne. Nous voulons étudier mais nous ne pouvons pas étudier ». C’est en tout cas l’idée traduite des lamentations d’un adolescent ne parlant que Cibemba.

Une pauvreté qui mine l’avenir des jeunes

En effet, malgré ce bas coût de scolarité, certains enfants ne n’achèvent jamais une année scolaire de leur vie. D’autres, les plus nombreux d’ailleurs, finissent leur vie sans avoir fréquenté l’école. La faute à la pauvreté généralisée de la population, se plaignent les habitant qui se  sentent « oubliés par le pouvoir en place, malgré les têtes que Kasenga a donné au pays ».

« Il existe trois activités pour les jeunes à Kasenga : le champ, la pêche, l’élevage », nous révèlera Mwelwa Ferdinand, un jeune du terroir. La jeune fille de Kasenga n’est faite que pour le mariage, une vie qu’elle peut facilement découvrir dès la formation de sa poitrine à l’adolescence. Pas d’autres perspectives, le destin étant déjà fatalement tracé.

Vivre au présent, et mourir jeune à Kasenga

Mais d’après toute vraisemblance, conduire la moto est aussi une profession prisée par les jeunes de Kasenga. C’est le principal moyen de transport offert par la cité. Il n’y en a pourtant pas pour tous, car la moto n’est possédée que par les quelques nantis de la communauté.

Lire aussi : « Kasenga assaini », meilleur documentaire au 7e Cinétoiles.

Un peu coupés de la « civilisation », les jeunes de Kasenga ne semblent pas appartenir à la génération du numérique qui tient notre siècle en haleine. De tous les jeunes rencontrés, aucun ne possède un téléphone Android. Seuls quelques-uns peuvent avoir un Gsm.

Dans cette partie du territoire congolais, la jeunesse nationale ne connaît pas grand-chose de la vie de la Rdc. l’accès à l’information est quasiment nul pour plusieurs. Ils sont plus Zambiens que Congolais, quasiment en toute chose.

Fidèle Bwirhonde

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