Célestin Pande, gouverneur dans une ville insoumise

Dans Actualités, Politique
Célestin Pande, Lubumbashi

A son élection, le 26 août 2017, Célestin Pande Kapopo n’imaginait probablement pas l’ampleur de tous les aspects auxquels il devra faire face les années à venir. Avec les soutiens de partout, le deuxième gouverneur du Haut-Katanga n’a pas carte blanche. Etre chef dans une ville insoumise comme Lubumbashi est relativement pénible.

Le Haut-Katanga est une province à problème. Célestin Pande devrait ne pas l’ignorer. Les luttes entre opposition et pouvoir ont fait de cette province le centre de la RDC depuis 2015. Entre la popularité de Moïse Katumbi et l’influence de Gabriel Kyungu, le gouvernement n’a de choix. En même temps, la province doit continuer à être cette base-arrière du président Joseph Kabila.

Gouverner contre Kyungu et Katumbi et se faire aimer

Gabriel Kyungu et Moise Katumbi sont parmi les personnalités les plus influentes du Katanga. Difficile, aujourd’hui, de ne pas considérer leur assise dans la gestion de nouvelles provinces, depuis 2015. « Kapopo n’a qu’une option : mieux faire que ses prédécesseurs », pense le politologue Jeef Mudimbi. « Ainsi, il pourrait construire sa popularité, à son tour, et tenter de ne faire que ce qu’il a à faire », ajoute-il.

Pour Jeef Mudimbi, Kapopo se détruirait « s’il se lance contre Katumbi en faisant moins que lui ». On le sait, Kazembe l’a fait et s’est mis dans le viseur des critiques des pro-Katumbi. Par ailleurs, ensemble, Kyungu et Katumbi mis ensemble, deviennent plus influents. Tous les deux ont été gouverneurs du Katanga et sont populaires.

Succéder à Kazembe et s’en méfier …

Jean-Claude Kazembe est une épine dans le pied du pouvoir, et le pouvoir de Kapopo le sentira le premier. Depuis sa déchéance en avril dernier, l’homme est passé de la soumission à la contestation. Et d’aucuns parleraient de rébellion. Pourtant, selon une partie de la population, Kazembe a déçu. Même alors qu’un autre a été élu, il n’aurait pas encore dit son dernier mot.

Lire : Célestin Pande, ses 96,4% de voix et trois défis pour le Haut-Katanga.

Kapopo doit aussi succéder à quelqu’un dont le bilan peut facilement lui être collé en tant que membre de son gouvernement. Mais encore, affronter sa colère et sa volonté de revenir aux affaires exige des moyens adéquats. C’est ce que pense le professeur Jeef Mudimbi. Pour lui, Kazembe va se battre, « se sentant trahi par les siens. » Pande pourrait subir la même chose s’il ne prend garde. Cela pourrait même venir de son propre camp, la majorité au pouvoir.  Kapopo doit « se positionner le mieux possible entre les intérêts de sa hiérarchie et ceux du peuple qu’il a à servir ». Et c’est déjà pénible, car il ne devrait se trouver redevable que devant la population.

Autrement, le gouverneur du Haut-Katanga mettrait son avenir politique en difficulté. Lubumbashi, en effet, rassemble de nombreuses communautés congolaises et organisations politiques. C’est de par sa vocation économique. Dès lors, politique et économique, la ville restera critique, et peut-être jamais prête à parler d’une seule voix.

Fidèle Bwirhonde

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