RDC : un taux de change politique pour baisser les salaires des fonctionnaires

Dans Actualités, Politique
Labi mpiana, Taux de change

Le gouvernement de la RDC essaie, non sans peine, de stopper la dépréciation du Franc Congolais. C’est sans exclure d’imposer un taux de change. Il a même promis de sévir, alors que le marché résistait, méfiant vis-à-vis de la monnaie nationale en chute. Pour le chercheur en économie de l’Université de Lubumbashi Labi Mpiana cette méthode ne résout pas le problème. Elle vise à faire passer les salaires des fonctionnaires à des taux plus bas, selon lui.

Fin juillet, le gouvernement a réussi à renverser la flambée, pour stabiliser le taux de change autour de 1600 FCD pour le dollar.

« On n’impose pas un taux de change politique », critique le chercheur en économie Labi Mpiana. Il explique que la RDC est dans un régime de change flottant, où l’offre et la demande régulent presqu’automatiquement les échanges. « Le taux que vous avez-là est politique », insiste-t-il. Il indique que dans les grands magasins de Lubumbashi et de Kinshasa, le dollar se change se changerait autour 1700 FC.

Un taux de change imposé pour échapper à la grogne sociale

Il y a environ un mois, le gouvernement a menacé de sanctions les opérateurs économiques et changeurs de monnaie ne suivant pas ses limites de taux de change. Labi Mpiana y voit une pression en vue d’échapper à la grogne sociale.  C’est « pour pousser les fonctionnaires à accepter les salaires au taux de 900 Francs. Mais en fin de compte, on n’a rien fait. Ça, c’est de la spéculation », conclut-il. Les fonctionnaires, médecins et professeurs d’universités en tête ont pressé le gouvernement pendant plus d’un mois.

Lire aussi : La chute du Franc Congolais divise bailleurs et locataires à Lubumbashi.

Les fonctionnaires publics ont continué à demander le paiement de leurs salaires non pas au taux de 930 FC pour le dollar, mais 1450, voire plus. « Ici, le gouvernement n’a pas de disponibilité monétaire qui offre la possibilité de payer à ce taux-là. Il faut payer toujours au taux de 900 ou de 1000 FC. » Depuis, de nombreux Congolais préfèrent garder leur argent en dollar, ce qui alimente la psychose et la faible circulation de devises étrangères.

A l’origine de la crise, la mauvaise gouvernance

En juillet, le Franc Congolais plongeait presqu’inexorablement. L’ancien premier ministre Adolphe Muzito (2007-2011) tirait à boulets rouges sur ses suivants. Il accuse le gouvernement (d’Augustin Matata) d’avoir cessé d’effectuer ces dépôts auprès des banques. Les ont été toutes consommées, si bien que le pays a frôlé, fin juillet, le défaut de paiement.

« C’est ainsi que l’exercice 2016 s’est soldé par un déficit de 300 milliards de FC », explique Muzito. Cela représente 230 millions de $US, soit 5,0% du budget en ressources propres et 0,6% du PIB de l’exercice.

Le chercheur en économie, Labi Mpiana, lui aussi, n’apprécie guère la gestion financière de Matata Ponyo. « Toutes les stratégies prises par le gouvernement pour stabiliser le taux de change étaient de fausses stratégies. Le gouvernement Matata est parti, le taux de change s’écroule, on dirait un château de cartes », comme-t-il, tenace.

Labi Mpiana considère qu’il faut diversifier le commerce étranger. Mais l’économie de la RDC reste essentiellement dépendante de l’exportation des ressources naturelles. Or, pour effectuer ses paiements internationaux, la RDC a besoin de devises étrangères. Elle importe presque tout. « La liquidité internationale ne peut provenir que de la diversification du commerce international. » C’est seulement alors que la banque centrale peut « stabiliser le taux de change par une intervention permanente. Parce qu’elle a la possibilité d’intervenir », explique le chercheur.

CD

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