Mgr Ikombi : Le Katanga est « tout un esprit »

In Congo profond, Politique
Katanga, Ikombi Moponda

Deux ans se sont écoulés depuis (2015) le découpage territorial qui a éclaté le Katanga en quatre provinces. Mais plusieurs leaders politiques et de la société civile peinent à s’en remettre. Ils appellent à la cohésion Katangaise alors que le tribalisme refait surface. Les associations socio-culturelles, bâties sur fond d’appartenances régionales et tribales, sont accusées de l’attiser. L’évêque protestant, Mgr Ikombi Moponda, en parle à Congo Durable. Voici l’interview.

Vous appelez souvent à la cohésion des Katangais (qui n’existe plus) et réparer les erreurs du passé. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Le Katanga n’est pas seulement un écosystème, mais tout un esprit qui se caractérise par un mode de vie. La division extérieure ne peut éteindre l’esprit de la résurrection des valeurs katangaises, congolaises et africaines. Le Katanga est donc un système. | Lire aussi : Jessé Numbi : « les attaques tribales et la haine vont affaiblir le Katanga ».

Pour certains leaders politiques et de la société civile, le découpage est une pilule qui ne passe pas toujours. Est-ce normal?

On peut diviser un pays en plusieurs provinces, mais le pays reste comme tel. L’Afrique est divisée en plusieurs pays, mais elle reste toujours un continent. Le Katanga est une province très stratégique de la RDC, de l’Afrique centrale et de l’Afrique entière. Il est le cœur du développement économique et technologique de l’Afrique. Voici que des leaders Katangais, inspirés, prônent, prophétisent la cohésion Katangaise. Et cette cohésion sera solide et incontournable. Elle imposera à Dieu de transmettre les bénédictions au Congo partant du Katanga. Les leaders Katangais se réveillent afin d’accomplir la volonté de Dieu pour le Congo.

Les associations socio-culturelles sont soupçonnées de favoriser le tribalisme, et notamment dans les nominations à des responsabilités publiques. Partagez-vous cet avis ?

Qu’importe, je ne condamne pas les associations socio-culturelles, mais leurs animateurs. Ce dérapage est de longue date et j’ai toujours condamné cela. Le Congo est mal parti, mais mieux vaut tard que jamais. Si, et seulement si, Congolais est un peuple élu et que le Congo est un pays providentiel, qu’on le veuille ou pas, les partis politiques deviendront des écoles du patriotisme. Les mutuelles et autres organisations deviendront des bases pour l’harmonie  qui conduira à l’unité nationale puis au progrès.

Lire aussi : Coutumes et politique, le difficile choix des chefs en RDC.

Propos recueillis par Willy Mbuyu

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