Électricité en mode prépayé, et fini le gaspillage à Lubumbashi

Dans Congo profond, Environnement
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Et si Lubumbashi passait entièrement au mode prépayé, dans la consommation de l’énergie électrique? La ville gagnerait, en réduisant les gaspillages. Les autorités ainsi que les responsables de la société d’électricité, la SNEL, sont constamment appelés à réparer les mêmes dégâts. 

Plusieurs fois, des scientifiques de la faculté de Polytechniques de l’Université de Lubumbashi ont relevé le fait que la surcharge sur les lignes domestiques rendent pénible la distribution d’un courant électrique de qualité à Lubumbashi. C’est souvent le fait des connexions anarchiques, non connues de la SNEL, al société nationale de l’ électricité.

Situé entre le campus de l’Université de Lubumbashi et la prison de Kasapa, le quartier qui porte ce nom, est des plus gâtés de la ville. Ce nouveau quartier n’a presque rien à voir avec les 15% de Congolais qui ont accès à l’ électricité. Les chiffres sont du directeur général de la SNEL, à Kinshasa. Kasapa se raccorde parfois aux réseaux de deux camps qui ne manquent pas d’électricité.

Ils ne débranchent jamais rien, n’éteignent pas leurs ampoules

Jeanne, mère de 5 enfants, habite une maison où les ampoules ne s’éteignent presque jamais, même quand le soleil au zénith. Un poste téléviseur montre des images, le son coupé. De son salon monte une puissante musique jusqu’à l’extérieur où elle travaille. Lorsqu’elle ouvre son congélateur, de glaçons en sortent, et un bidon d’eau fortement glacé, signe d’un fonctionnement sans arrêt. (Lire: En RDC, 85% de la population sont sans électricité)

Dans la cuisine, au même moment, deux casseroles son en ébullition sur un réchaud. Il arrive à cette maison, dans pareille circonstance, de brancher un fer à repasser ou recharger plusieurs téléphones. C’est sans se demander la charge que tous les engins imposent sur la ligne électrique. « Quand les agents de la SNEL viennent nous  donner les factures, ils ne tiennent pas compte des coupures intempestives, et de la faiblesse de la tension du courant », se plainte tout de même Jeanne.

Ils gèrent l’électricité comme du crédit sur leurs téléphones

Cette attitude contrat parfaitement avec celle de Françoise Mwange (nom changé), au quartier Baudouin, dans les encablures de l’ISP Lubumbashi. La maison est presqu’ordinaire, mêmes équipements que chez Jeanne : un téléviseur, des Haut-parleurs branchés à une grosse radio, congélateur, fours et fers à repasser. Seulement ici, la consommation de l’électricité est suivie scrupuleusement. « Tout le monde sait désormais qu’il ne doit pas inutilement brancher d’appareils sur la ligne. Cela coûte de l’argent », explique Françoise.

La raison c’est qu’elle consomme de l’électricité en mode prépayé. Vous ne consommez que ce que vous payez. Le poste de la SNEL du quartier vend des cartes de crédit d’ électricité. Les abonnés rechargent, grâce à un dispositif informatisé. 5 milles unités de crédit peuvent ainsi mettre une semaine, voire plus. C’est selon le niveau de consommation. « Si vous générez mal, le avez deux conséquences fâcheuses : vous avez une coupure brusque pendant que vous travaillez ou regardez la télévision. Ou encore, vous êtes obligé de trouver de l’argent pour renouveler votre crédit », explique la maîtresse de la maison.

Electricité en mode prépayé, une chance pour la RDC?

Cela peut-être gênant lorsqu’on n’a pas d’argent. D’où, pour elle, le devoir d’apprendre à la maisonnée à mieux gérer l’électricité. Systématiquement donc, les appareils non utiles sont débranchés, les ampoules éteintes. « Ces personnes qui contrôlent leurs consommation d’ électricité et celles qui en abusent sont pourtant un même peuple », s’étonne un agent de la SNEL.

Si la pratique devait se généraliser à Lubumbashi, la SNEL économiserait une bonne capacité d’énergie à redistribuer. L’ancien Katanga, en effet, fait face à un déficit énergétique de plus de 400 Mw. Les miniers sont tentés d’en importer d’Afrique australe. Mais le plus dur, c’est de généraliser le mode prépayé de l’électricité. Mais aussi de changer les habitudes de consommateurs qui gaspillent de l’électricité.

Didier Makal, Willy Mbuyu

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