Arts plastiques, jamais sans combines à Lubumbashi ?

Dans Congo profond
Lubumbashi, culture

L’art plastique attire, à Lubumbashi, de nombreux artistes peintres et dessinateurs, céramistes, sculpteurs ou décorateurs. Mais vivre de l’art plastique n’est pas facile. La passion y est moindre, pour les populations locales.

L’amour et la passion sont à première vue les éléments qui motivent ces artistes, jeunes personnes âgées. Ils rivalisent de créativité et d’ardeur. Mais pour en vivre uniquement, satisfaire ses besoins et arriver à nouer les bouts n’est pas donné d’avance.

Difficile de vivre de son art à Lubumbashi

Pour le peintre Jeff Kitenge qui a appris le métier de son père, « c’est vraiment difficile de vivre uniquement de l’art plastique. » Mais ce n’est « pas impossible quand on n’a que ça comme métier », tempère Blaise souk, un ancien élève de l’académie des beaux-arts à Lubumbashi. Aujourd’hui, il y travaille comme professeur.

Mais Lubumbashi manque d’infrastructure, mieux de structure qui serve de référence des arts. « Si on essaie de sillonner la ville de Lubumbashi, il n’y a même pas deux galeries publiques, pas assez non plus pour les privés », affirme l’artiste Jeff Kitenge, mécontent.

Cette absence de structure traduit une autre : l’absence de politique d’encadrement des artistes, plasticiens ou non. Le gouvernement de la RDC ne développe pas encore les arts ou la culture, de façon générale, pour en exploiter les potentialités économiques. Les artistes à temps plein, qui ne cumulent pas de profession, étalent leurs produits sous des tentes de fortune, au centre-ville de Lubumbashi. Un commerce moins intense s’y effectue, en grande partie tourné vers les rares touristes ou expatriés de passage dans la ville.

Etre polyvalent ou joindre un autre boulot à côté 

Argile pour la céramique, branche d’arbre pour la sculpture,  peinture en tube, toile pour le dessin et autres … Voici les matières premières de plasticiens de Lubumbashi ! La peinture en tube par exemple, appliquée sur les toiles, coûte cher. Elle est presqu’introuvable à Lubumbashi. Les magasins appropriés, mais aussi les débouchés sont rares pour ce domaine. Du coup, très peu s’y exercent. L’acquisition de certaines de ces matières exige beaucoup de frais pour les importations ou des commandes de Kinshasa ou ailleurs en RDC.

De l’autre côté, il y a les responsabilités personnelles d’artistes, un travail de marketing et de professionnalisation. Des prodiges comme Baloji, aujourd’hui une célébrité internationale, font rêver des jeunes. Ils servent d’exemple de courage et de référence en termes de niveau à atteindre.

Lire aussi : Danse folklorique pour l’ego politicien en RDC.

Un travail dur et qui exigence beaucoup de patience. Mais entre le rêve et le présent, le devenir des artistes vacille parfois. « Il faut au moins un autre boulot à côté de l’art plastique pour arriver à répondre aux différents besoins personnels et ceux de la famille », explique Jeff Kitenge. Ceci demande plus de talent encore, ou du moins, une habilité à la reconversion. Ou alors, décliner son art vers le côté populaire, pas toujours le même que sa vocation première. « Etre polyvalent en faisant de la peinture sur la toile, peindre les maisons ou bâtiment, les écrits, la décoration, des poteries avec l’argile ou de la sculpture », explique l’artiste SOUK. L’artiste a, dès lors, de quoi vivre au présent. Mais chemin faisant, son art se perfectionnera lentement peut-être.

Arsène Bikina

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