La RDC en quête de solution aux ordures de ses villes

Dans Congo profond, Environnement
Ordures, déchets

Un véritable casse-tête pour le gouvernement congolais, la gestion des ordures dans les grandes villes. Le plus dur, c’est de trouver un modèle économique porteur, pour gérer un secteur qui vaut des millions. A Kinshasa, comme à Lubumbashi, on aurait voulu que les déchets génèrent de l’argent. Mais comment y parvenir ?

Le 7 septembre, Joseph Kapika, ministre de l’économie nationale, s’est jeté à l’eau. Il a instruit des régies financières, indique l’Agence Congolaise de presse, de réserver 2% sur les fonds collectés pour l’assainissement des villes. « Une instruction venue de la présidence de la République », note le média public. Mais en attendant, les ordures attendent aussi.

Kinshasa produit près de 30.000 tonnes d’ ordures

Avec ses 13 millions d’habitants entassés dans 24 communes, Kinshasa produirait 29.333 tonnes de déchets par semaine. C’est du moins à considérer le témoignage d’un représentant de l’Union européenne du projet Parau. Un projet dédié à l’assainissement de la capitale congolaise et que l’UE ne soutient plus depuis 2015.

Dans 9 communes de Kinshasa, Parau a traité « 11.000 mètres cube de déchets urbains chaque semaine », indique Radio Okapi. Grace à cet appui, « les zones inondables ont diminué d’environ 40 %. » Les maladies d’origine hydrique ont baissé de 50 à 70%, indiquait l’UE en 2015.

Kinshasa replonge dans la poubelle

Des décharges non évacuées durant des semaines, des mois, et le service urbain débordé. Kinshasa replonge dans une grande insalubrité. La première moitié de 2017, les kinois ont dû longtemps souffrir des odeurs, des bestioles et mêmes des maladies. Le gouverneur Kimbuta a payé alors 40 camions tout neufs. Ils sont censés évacuer les déchets. Mais il ne rêve pas. « Il faut au minimum 100 Camions et 300 au maximum » pour assainir la capitale, confiait-il, rapporte 7sur7.cd.

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Mais les camions, même à nombre suffisant, ne peuvent à eux seuls suffire. Il faut du carburant qui souvent manque, pour rouler. Ils doivent desservir une ville aux dimensions d’un pays. Depuis la fin du soutien de l’UE en 2015, c’est le retour à « Kinshasa la poubelle ».

D’où les régies financières tireront-elles les 8% de l’assainissement des villes ?

Il faut, en plus, payer le personnel, sécuriser les sites d’enfouissement de déchets, etc. Autant d’exigences qui demandent de l’argent, des investissements sérieux. C’est dans ce cadre que le ministre Joseph Kapika a saisi les sociétés publiques FPI, OGEFREM, OCC et DGDA. Ensemble, elles devraient verser 8% des recettes perçues dans une caisse dédiée à l’assainissement et à l’environnement.

Toutefois, il reste à savoir si cet argent dont le montant exact n’est pas communiqué sera à la hauteur des défis. C’est entendu que Kinshasa ne sera pas seul concerné. L’autre problème, c’est d’arriver à mobiliser cet argent sans peser sur les consommateurs.

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A l’origine de cette initiative, le gouvernement comptait imposer à 8% les produits ou emballages plastiques. Mais il a changé d’avis, indique une dépêche de l’ACP, pour se tourner vers les régies financières. Mais celles-ci ne sont pas productrices d’argent à proprement parler.

Pas de politique globale de l’assainissement des villes en RDC

L’autre difficulté, tient au fait que la RDC ne dispose pas d’un plan d’assainissement bien coordonné. C’est chaque ville qui se débrouille, comme elle peut, avec ses propres taxes qui parfois sont loin de répondre aux urgences. Mais il se pose aussi un problème de gestion de ces fiscalités urbaines.

A Lubumbashi, 2e grande ville de la RDC, par exemple, seul le centre urbain préoccupe les autorités. Mais même là, des géantes poubelles de transit se remplissent et attendent des jours pour être évacuées. La mairie dit ne pas disposer de moyens pour couvrir les besoins de toute la ville dont la population est estimée entre 3 et 6 millions. Mais on ne dit pas non plus à quoi servent diverses taxes perçues, notamment dans les marchés et autres commerces, au nom de la salubrité.

Didier Makal

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