La fâcheuse question américaine sur la 1re passation de pouvoir en RDC

In Actualités, Politique
Joseph Kabila, CENCO, RDC

Une passation de pouvoir entre Joseph Kabila et le président élu en RDC après le 23 décembre 2018 ?  Cela ne fait aucun doute que certains Congolais n’y croient pas du tout. La question a été posée, le 23 décembre 2017, par l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa sur Twitter et Facebook. Voici un résumé des réponses recueillies.

La question de l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa est : « Dans un an, comment fêterez-vous la première passation de pouvoir pacifique et démocratique de la RDC ? » A première vue, elle est univoque. Elle part de l’assurance que les élections auront lieu et que le président Kabila quittera le pouvoir après les élections prévues le 23 décembre 2017. Cependant, plusieurs n’y croient pas.

Mais à y voir de près, cette question associée au hastag #23Dec2018 viserait à récolter les avis des Congolais sur l’alternance attendue dans un an. Le président Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001, et a cumulé deux mandats successifs. Il ne peut pas se représenter. Trois tendances sont perceptibles dans les réponses à la question américaine.

  1. Ils ne croient pas au départ de Joseph Kabila du pouoir

Plusieurs twittos, sur Twitter, se montrent plus sceptiques sur le départ de Joseph Kabila en 2018. « De qui vous moquez vous? Croyez-vous qu’il y aura élections en 2017 avec Kabila au pouvoir ? » interroge l’un d’eux. « Moquerie », le mot revient plusieurs fois dans les réponses de Congolais.


Un autre, Tshibangu, très actif dans la mobilisation anti-Kabila sur la toile, est plus clair. « Avec J. Kabila, il n’y aura pas élections en décembre 2018 ! Combien des fois doit-on vous le dire ? JKabila n’a aucun respect pour sa parole et sa signature ! ». Il finit son message, ironique : « Demandons la non reconnaissance de JKabila comme président de la RDC au 1er janvier 2018 ! Seule solution ».

  1. Les violences vont se poursuivre en 2018 en RDC

D’où l’idée que le président cherchera encore à se maintenir au pouvoir. Et c’est sans doute, pour plusieurs internautes répondant à l’interrogation américaine, parce qu’ils redoutent encore de violences en RDC. « Malheureusement Kabila est prêt à semer le chaos pour éviter les élections à tout prix. Il continuera à être un blocage à ce processus, d’où notre scepticisme à une passation de pouvoir démocratique », écrit un twittos.

Les élections et l’alternance dans un an en RDC ? « #DRC fera le compte de nombre des morts de plus avec le bonus que les USA @nikkihaley ont accordé à la kabilie! + répressions, + pillage, + tueries (kasai, Beni. . .), + détournements & corruption! » écrit un autre internaute.

  1. Certains tiennent Trump et Nikkie Halley pour pro-Kabila

Cette dernière réaction d’un internaute congolais ne cache pas le ressentiment pour l’administration Trump. Elle est accusée, en plus, d’avoir maintenu le président Kabila au pouvoir. Plusieurs espéraient le « chasser » du pouvoir en 2017, démarche pas sûr au demeurant. D’autres attendaient un soutien des puissances étrangères, y compris les Etats-Unis, pour « Une transition sans Kabila ».


Or la visite de Nikkie Halley, la très critique ambassadrice américaine à l’ONU, très présente sur les questions de droits humains en RDC, a accordé une année de plus au président Kabila. Une « grâce » pas du goût de certains Congolais qui soupçonnent l’administration Trump de sympathiser avec Kinshasa. « A cause de vos intérêts, vous ne voulez pas de changement au Congo », écrit un d’eux. Un autre écrit : « il est temps que vous arrêtiez votre jeu double pour laisser le peuple congolais s’épanouir. »

Ces réactions surprennent, par ailleurs. On aurait parié voir plus de réactions des Congolais pro-Kabila décrier l’ingérence ou les pressions américaines. C’est plutôt le contraire. Elles traduisent, dans une certaine mesure, des frustrations qui montent en RDC.

Didier Makal

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