Le Libéria attend son président, la RDC regarde…

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Le Libéria aura-t-il échappé à la malédiction des élections dans plusieurs pays d’Afrique ? Des contestations ont éclaté après le premier tour du scrutin censé trouver un successeur à Ellen Johnson Sirleaf. La bonne nouvelle c’est que le vote, au second tour, s’est passé dans le calme mardi 26 décembre et, les missions d’observation électorale internationales l’ont salué.

Les libériens attendent le nom de leur président entre le vice-président Joseph Joakai et le footballeur Georges Weah.

Le scrutin s’est passé dans le « respect du processus électoral » d’après la mission d’observation européenne. On peut oublier, dès lors que la participation semble en baisse. Car s’il est généralement sûr que les élections aient lieu en Afrique, le problème le plus inquiétant c’est plutôt leur issue. Et le Libéria que s’apprête à laisser la première chef d’Etat élue sur le continent, Ellen Jonhson Sirleaf, en est à ce point-là d’inquiétude. Accepteront-ils les résultats ?

Tout le monde vainqueur au départ, ou presque

Le calme qui a caractérisé le second tour dans ce pays tend à rassurer, en effet. Les deux finalistes ont aussi appelé au calme, Georges Weah et Joseph Joakai. Mais à considérer qu’entre les deux tours il s’est passé deux mois, un temps en majeure partie dicté par la peur des violences, alors il y a à craindre.

En plus, George Weah qui est sénateur a dit son assurance de l’avoir emporté. Le vice-président Joseph Boakai, pour sa part, a préféré tempérer en disant qu’il accepterait le verdict des urnes. Mais avec cette précision on ne peut plus claire : « sous réserve qu’il respecte toutes les normes ». Normal, en effet, lorsqu’il prend soin de signaler qu’il aura recours à la justice pour réclamer.

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Mais les normes, en temps électoral, en Afrique, parfois sont celles des cœurs des candidats ou des supporters qui ont chacun une interprétation précise. Bien plus, dimanche, avant l’élection, le vice-président sortant du Libéria lançait déjà : « La victoire est mienne », rapporte Le Monde.

C’est en fait, en partie dicté par l’attitude des institutions chargées d’organiser les élections. Rarement elles se montrent neutres et véritablement indépendantes. Or, le cas du Libéria, le candidat Charles Brumskine arrivé 3e (9,6 %) au premier tour, avait dénoncé des « fraudes et irrégularités ». La cour suprême avait alors décidé de retarder le scrutin, in extremis, prévu le 7 novembre.

Première alternance pacifique du pouvoir

Le Libéria joue-là sa première transition démocratique et peut-être « pacifique », si la publication des résultats se passe dans le calme. Néanmoins, on notera qu’Elle Jonhson Sirleaf qui quittera le pouvoir le 22 janvier 2018, a tourné la page de 14 ans de violences qui ont tué 250.000 personnes dans un conflit armé des plus violents d’Afrique.

Aura-t-il fallu une femme pour éteindre le feu des folies masculine qu’ils n’ont pu gérer ? La question restera encore, un peu de temps, sans réponse, le temps que l’issue des résultats du vote de mardi se précise. Néanmoins, pour la RDC qui attend en finir avec ses 21 ans de violences armées et vivre sa première alternance pacifique du pouvoir, la présidentielle libérienne est très significative.

Didier Makal

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