Pas de développement durable sans l’Afrique

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Mines, Code minier, Développement durable

« Si les ODD ne réussissent pas en Afrique, ils ne réussiront pas au niveau mondial ».  C’est ce que pense l’ancien secrétaire général de l’ONU Koffi Annan. D’autant plus qu’en 2050, d’après des projections faites par les scientifiques, plus d’une personne sur quatre vivra sur le continent.

Or Koffi Annan fait que le continent fait face à d’importants défis dans la réalisation les objectifs de développement durable lancés en 2015. Au nombre de maux qui handicapent leur avancées tant attendue : corruption, peu de transparence, peu de volonté, etc.

Corruption et mauvaise gouvernance : les grands maux en Afrique

Au cours des dix dernières années, 2007-2017, l’Afrique a connu une croissance économique des plus fortes du monde. Pourtant, « les pauvres sont très pauvres », beaucoup vivant avec à peine 70 centimes du dollar américain par jour en moyenne. Une somme bien faible que la moyenne de 1.90 dollars fixée par l’ONU. Ils manquent jusqu’aux besoins fondamentaux comme l’eau, l’électricité, la santé ou l’éducation.

C’est pourtant le constat que fait après dix ans d’existence, Africa Progress Pannel (APP), institué comme instrument de suivi de la mise en œuvre par les pays du G8 des ODD (Objectifs de développement durable).

Les grands mots sont donc mauvaise gouvernance, corruption, absence de leadership proactif. La RDC figure parmi les grands perdants, notamment dans le secteur extractif, des ressources naturelles. La Gécamines, société publique productrice de cuivre et de cobalt, aurait perdu plus d’un milliard de dollars. De l’argent non retracé après les enquêtes.

L’Afrique n’est pas un continent pauvre

Les transactions financières illicites, en plus, seraient à l’origine d’une perte d’au moins 69 milliards de dollars US en 2012 en Afrique. Le continent pourrait avoir perdu jusqu’à 1 000 milliards de dollars au cours des 50 dernières années. C’est du moins ce qu’indique le Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites, mis en place en 2011 sous mandat de l’Union africaine et de la CEA.

Ces maux ne sont pas du tout nouveau en Afrique, en effet, et surtout « pas une fatalité », note Koffi Annan.

Mais le président de l’APP (Africa Progress Pannel), Koffi Annan, préfère rester positif malgré les contreperformances. Il le dit dans le rapport décennal du panel qui vient de fermer ses portes. « J’ai été témoin de l’énergie, du courage et de la créativité inlassable de mes collègues, des dirigeants des secteurs public et privé et de la société civile africaine sur le terrain. »

Bien plus, pour lui, « L’Afrique n’est pas un continent pauvre. C’est un continent riche avec de nombreuses populations appauvries. » Et c’est là que s’arrête son optimisme pour dire des vérités, conséquences des résultats des travaux du panel qu’un a présidé sur le développement, « durable ». Les indicateurs de développement sont faibles sur le continent. « En l’espace de trente ans, les taux de mortalité infantile ont augmenté, une part plus importante d’Africains vit dans la pauvreté et la sous-alimentation s’accroît ».

Des financements courageux nécessaires

Les solutions, d’après le rapport, passent notamment sur le financement de secteurs vitaux comme l’accès à l’eau, à l’éducation, aux soins de santé ou encore à l’électricité. Et le nerf de la guerre est sans doute l’argent. Le seul secteur énergétique exigerait au moins 55 milliards de dollars d’ici à 2030.

APP, créé en 2007, cessera d’exister fin 2017. Il devrait, « provisoirement », exister sous une nouvelle forme, probablement sous l’appellation « Africa Progress Group », « pour faire avancer nos travaux », explique Koffi Anna. Africa Progress Pannel avait pour mission d’assurer le suivi, de près, les engagements pris par les pays du G8 et les dirigeants africains pour soutenir les progrès africains et d’en rendre compte. Mais il proposé aussi, au fil des années, des conseils aux gouvernements africains, en vue d’améliorer leur gouvernance et leurs économies.

CD

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