Des journalistes se lèvent contre « la diabolisation » du cobalt congolais

In Environnement
Creuseurs, Kolwezi, cobalt

Après le diamant et du coltan, c’est le tour du cobalt congolais d’être qualifié de sang. Pour les organisations de défense des droits humains qui le traitent ainsi, c’est une manière d’alerter sur les violations des droits humains qui entourent son exploitation. Mais l’expression irrite les producteurs de ce minerai aujourd’hui au cœur d’enjeux environnementaux et de politique internationale.

A Kolwezi ou à Lubumbashi, villes de l’ancien Katanga, au sud-est de la RDC, zones d’où vient l’essentiel du cobalt congolais, on déteste l’expression. Cobalt de sang, l’expression ne fait pas vendre. Bien plus, elle a tendance à indiquer que le minerai provient d’une zone de désordre. Sauf que, pour les défenseurs du retour à l’honneur de ce minerai, la région est sous contrôle.

Un reportage qui a dérangé dans le Katanga

La campagne « Touche pas à mon cobalt » initiée par des journalistes de la région, se classe dans cette optique. Elle se lève contre une « diabolisation » du cobalt en cours au niveau international.

Tout part d’un reportage diffusé en février 2018 sur les chaînes de télévisions étrangères, sur France 24 notamment. Il présente le cobalt du Lualaba, une des quatre provinces issues de l’ancienne Katanga démembré, comme couvert de sang. Un minerai produit par des femmes et les enfants, de manière artisanale. Il serait vendu en plus aux chinois qui contrôleraient environ 65% du cobalt du Congo, sur la pression du détachement présidentiel de l’armée congolaise.

Congo mon pays, cobalt mon identité

Les conditions de travail des creuseurs artisanaux, ainsi que la présence des enfants et des femmes, en effet, ont déjà fait l’objet de plusieurs dénonciations. Parmi elles, celles de l’ONG Amnesty international qui pointe, dans son récent rapport, plus d’opacité sur la transparence des origines du cobalt congolais.

Il s’agit, en fait, d’assurer une traçabilité de façon que, l’utilisateur final du cobalt, transformé dans les usines électroniques, soit sûr qu’en amont, des violations des droits humains n’ont pas été commises.

Seulement, pour les organisateurs de la campagne « Touche pas à mon cobalt », des efforts sont en train d’être faits. Des enfants, dans le Lualaba, par exemple, ont été sortis des sites miniers. Ils dénoncent donc une campagne qui nuit à l’image d’un minerai qui contribue à m’identité même des Katangais : le cobalt, exploité parfois dans la même mine que le cuivre.

Des efforts sont faits autour des mines de cobalt

C’est ce que soutient Franck Fwamba, éditeur du magazine Minig news et initiateur de cette campagne. « Les efforts sont fournis par les autorités pour arriver à la réforme de l’artisanat. Il est temps de s’unir pour présenter au monde l’image réel de notre cobalt ».

Dans une interview accordée au magazine Panthéon, le gouverneur Richard MUYEJ du Lualaba reconnaît qu’à son arrivé à la tête de la province, plusieurs désordres entouraient l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt. Et, qu’aujourd’hui, plusieurs efforts sont fournis pour que les populations se retrouvent dans l’exploitation ordonnée et que le secteur soit aménagé. Donc une réforme pour « mettre fin à l’exploitation anarchique en créant des coopératives ».

Eric CBAMBA

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