La clause de cessation du statut de réfugiés rwandais, l’arbre qui ne cache pas la forêt

In International
Kilwa, RDC, Réfugiés, Kabila

Plus de 200 000 citoyens rwandais réfugiés en RDC risquent de perdre leur nationalité. Kigali a repoussé sa menace de cessation du statut de réfugié à 2020, après l’ultimatum fixé au 31 décembre 2017. Dans la situation normale, Kinshasa devrait assurer leur rapatriement vers le Rwanda le plus tôt. Sauf qu’entre les deux pays, les politiques disent ce qu’ils ne font pas.

La question de rapatriement de réfugiés a été évoquée dimanche 08 avril. C’était lors d’une visite du vice-ministre congolais de l’intérieur et du Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, visite au camp de transit des réfugiés rwandais à Mugunga à Goma dans le Nord-Kivu.

Non pas Kigali, mais Kinshasa

Pour Kinshasa, la question doit être sérieusement débattue entre les deux pays. C’est en tout cas ce que suggère le vice-ministre de l’intérieur congolais Basile Olongo, rapporte le site Actualité. Pour lui, ce n’est pas Kigali qui devrait évoquer la clause de cessation du statut de réfugié. « Nous sommes là pour leur rappeler que c’est nous, en principe, qui devrions évoquer cette clause de cessation », a indiqué Basile Olongo. D’autant plus que, pour Kinshasa, les 20.000 réfugiés ne s’opposent pas à rentrer chez eux.

Ces réfugiés ne sont pas à confondre avec les combattants FDLR ou leurs dépendants décidés volontairement de retourner au Rwanda. Anciens combattants, poursuivies pour leur responsabilité dans le génocide, ou simples réfugiés, plusieurs ont peur. Peur d’un régime réputé policier et presque liberticide.

Non pas les réfugiés, mais une question d’image et d’honneur

La question est d’autant plus gênante pour le Rwanda, pays sorti du génocide de 1994, soigne son image d’une paix retrouvée. Compter des milliers de réfugiés contraste bien avec cette image. D’où la pression de Kigali. Mais ceci pourrait bien n’être qu’une pointe de l’iceberg qui flotte sous des problématiques frontières entre les deux pays.

Kigali craint toujours que de la RDC parte un mouvement qui déstabilise le régime de Paul Kagame, toujours contesté par les FDLR. Anciens miliciens interhamwe accusés de génocide au Rwanda, ou descendants de ceux-ci, ils ne font pas tous confiance à Kagame.

Tapis dans les collines de l’est de la RDC où ils sont arrivés en 1994 avec armes à la main, ils ont tantôt combattu aux côtés des groupes armés congolais. Tantôt, ils ont été soupçonnés de mèche avec Kinshasa. Ce qui a continué d’empoisonner le climat avec Kigali, qui a souvent soutenu des groupes armés contre le Congo. Ce que Kinshasa n’admet pas, pas plus que ne l’admet d’ailleurs Kagame accusé d’avoir soutenu, voire armé des groupes armés contre le Congo.

Ni ange, ni diable

Le problème, comme on peut s’en rendre compte, ni Kigali, ni Kinshasa ne jouent clairement franc jeu. Les deux pays entretiennent une méfiance qui ne profite qu’à l’amplification des tensions. Des incidents violents à la frontière répétés ces trois dernières années l’illustrent bien.

Pourtant, l’Accord d’Addis-Abeba, signé en 2013 en vue d’assurer la stabilité et la sécurité dans les Grands-Lacs est clair. Le Rwanda et la RDC doivent favoriser la démocratie, condition favorable au retour des réfugiés et des exilés politiques. Tous les membres de la région, 13 signataires de l’Accord, se sont engagés, en plus, à ne pas constituer une source d’instabilité pour leurs voisins. Mais l’hypocrisie y joue plus que la bonne volonté exprimé dans cet accord évalué plusieurs fois l’an.

CD

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