Du pétrole dans les parcs de Virunga : des « conséquences irréversibles », préviennent 33 ONG

In Environnement
Parc de Virunga, RDC

Des organisations de la société s’opposent une nouvelle fois à l’exploitation possible du pétrole dans les parcs nationaux de Virunga et Salonga, à l’est de la RDC. Dans une correspondance, elles préviennent que l’impact d’une exploitation sur l’écosystème serait irréversible. Pourtant, regrettent-elles, le ministre de l’environnement semble le minimiser.

Au total, 33 ONG disent leur « Indignation » au ministre de l’environnement qu’ils appellent de renoncer à exploiter le pétrole dans ces aires protégées. Ce sont des organisations environnementales et des droits humains du Nord-Kivu et d’ailleurs en RDC.

Du pétrole dans des parcs nationaux de Virunga et de Salonga

Elles s’opposent à une désaffectation d’une partie du Parc de Virunga. Plus précisément les blocs pétrolier IV et V et les blocs I et II du Parc National de la Salonga.

Les organisations environnementales rappellent que ces deux sites sont classés Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Comme tels, ils « représentent une valeur universelle exceptionnelle » et préviennent que « tout projet de désaffection partielle pourrait être considéré comme un acte inhumain causant intentionnellement de grandes souffrances aux milliers de communautés locales et peuples autochtones » qui en dépendent.

Bien plus, insistent-elles, les conséquences d’une exploitation du pétrole seront « irréversibles » sur les écosystèmes. Le parc de Virunga est un habitat de plusieurs espèces fauniques dont les gorilles des montagnes. Celui de Salonga, étalé jusqu’à la forêt équatoriale, abrite des chimpanzés, mais aussi de nombreuses espèces végétales.

Les ONG pointent une « mauvaises intentions » du ministre de l’environnement

La société civile soupçonne de « mauvaises intentions » du ministre qui ne prend pas la vraie mesure des dangers d’une exploitation pétrolière dans les parcs de Virunga et de Salonga. « Toute a été notre surprise de voir que dans vos notes, vous sous-évaluez la superficie du bloc V. Nous ne savons pas si c’est par omission ou par négligence », indique la correspondance. Elle cite, pour preuve, un arrêté de 2013 qui note que « le bloc V ouvert à l’exploration dans le Graben Albertine couvre une superficie de 7.180,3 Km² ». Mais dans une récente note du ministre de l’environnement, cette superficie est estimée à « 2.767,5 Km² comme superficie globale du Bloc V ».

La désaffectation de ces parties des aires protégées impliquerait « le déclassement total du Parc National des Virunga », estiment les organisations. Ce qui représente, d’après les ONG, plus de 80 pourcent de la superficie du Parc National des Virunga.

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