Lubumbashi : « Opacité et gâchis » dans la gestion Gécamines, dénonce ITIE

In Environnement

Des immeubles de la Gécamines (ou GCM) en vente au pays et à l’étranger, des arriérées de salaire, des dépenses inutiles et une production presque à l’arrêt. C’est le tableau que dépeint dans un entretien, maître Jean-Claude Katende. Il est membre permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en RDC.

A Lubumbashi, des représentants de l’ITIE-RDC ont organisé, samedi, une séance de restitution des dernières rencontres tenues le 13 juin dernier à Kinshasa.

Gécamines, une situation infernale ?

La chute de la générale des carrières et des mines (Gécamines) révolte. Pour preuve, les organisations de la société civile travaillant dans le secteur minier sont irritées. C’est notamment par les dépenses « irréfléchies et inutiles » alors que l’entreprise se meurt. C’est l’esprit de la déclaration finale de la réunion de Kinshasa dont la restitution a été faite à Lubumbashi, le samedi 23 juin 2018.

Selon cette déclaration, rappelle maître Jean-Claude Katende, « Les fonds alloués à la GCM sont gérés de manière opaque.» Leur affectation, par ailleurs, pose problème. « La réhabilitation de ses bâtiments alors que la production est au plus bas et les travailleurs ne sont pas payés. » C’est un véritable « gâchis », a réagi l’assistance qui se convainc qu’il s’agit « d’un coup monté par le pouvoir contre le peuple congolais ».

Il se révèle que pour la seule réhabilitation de son siège de Lubumbashi, l’entreprise aurait dépensé jusqu’à 21 millions de dollars américains, et envisagerait pareille travaux poux l’immeuble Sozacom de Kinshasa. « C’est un réel gâchis. Avec pareille somme on aurait pu construire un nouveau bâtiment. Mais ce n’est pas possible quand chacun veut grignoter et faire gonfler la facture ».

Katende, ITIE, Gécamines
Jean-Claude Katende au cours d’un atelier à Lubumbashi sur l’ITIE. Photo Fidèle Bwirhonde

Gestion opaque à la Gécamines, à qui la faute ?

La situation de la Gécamines est peut-être infernale, mais elle connait des coupables malgré le silence quasi-complice des dirigeants. C’est bien pourtant une entreprise publique dont chaque congolais devrait avoir des comptes. Jean-Claude Katende situe la responsabilité à deux niveaux.

« D’une part le gouvernement. La Gécamines a beau être devenue une entreprise commerciale, l’Etat reste l’actionnaire propriétaire. Il est au courant du désastre dans l’entreprise mais rien n’est fait. C’est de la responsabilité du ministère du portefeuille. D’autre part, les gestionnaires de la GCM. Ils ont une ligne à suivre, des objectifs assignés, mais voilà qu’ils gaspillent les font de l’entreprise sans penser ni à son personnel, ni à sa production ».

Cheminée de la Gécamines, Cobalt
La cheminée de la Gécamines, aux Usines de Lubumbashi, à l’arrêt depuis la fin des années 1990. Photo Didier Makal, 2015.

Des actions devraient-elles ou vont-elles être menées ?

Ces malversations maquillées au sein de la Gécamines devraient finir, et c’est la mission que l’ITIE et la société civile se donnent.

« Puisque la Gécamines nous appartient, chacun de nous doit avoir un œil regardant sur sa gestion. Et dans ce cadre, nous avons mis en place une coalition des organisations de la société civile qui s’occupera de la gouvernance dans les entreprises extractives appartenant à l’Etat comme la GCM, la Sodimico, Sokimo et la Miba.» Les organisations disent, en plus, leur engagement  « à faire passer la vraie information à la population car la vérité est détournée. Nous devons savoir à quoi servent les pas-de-porte et royalties que reçoit la Gécamines, par exemple, pour vouloir vendre ses immeubles pour sa relance », précise Jean-Claude Katende.

Et de demander au « gouvernement de mettre fin au programme de réhabilitation d’anciens immeubles de la Gécamines au pays ».

Faudrait-il une autre équipe à la tête de la GCM ?

Maitre Jean-Claude Katende n’exclut pas l’idée. Pour lui, « l’équipe actuelle a échoué. Elle entraine la GCM dans la faillite et les gouvernants ne s’occupent de la politique. L’état de lieux actuel nécessite le changement de l’équipe en fonction ».

Le gouvernement semble planifier la fin de l’ITIE, constate la société civile. Mais non, il y a encore de l’espoir. Selon Jean-Claude Katende, « L’ITIE ne connait aucune menace de disparition. Le gouvernement continue à lui doter des fonds à sa mise en œuvre, mais nous avons encore des obstacles administratifs et financiers importantes et qui inquiètent la société civile. »

La société civile qui a droit à cinq sièges dans le comité exécutif de l’ITIE-RDC n’en occupait que deux. Problème auquel la dernière réunion de Kinshasa a répondu, répartissant les trois sièges vides entre les provinces de l’Ituri, du Kongo-Central et de l’Ex-Katanga.

Fidèle Bwirhonde

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