« Partir », la seule surprise qui s’offre à Joseph Kabila

In Politique
Joseph Kabila, CENCO, RDC

L’annonce a de quoi susciter lueur d’espoir et alourdir des doutes… Kabila partira, partira pas? Les récents propos du chef de l’ONU, Antonio Guterres, se prêtent bien à ce questionnement pas du tout nouveau.

Jeudi, Antonio Guterres donnait une conférence de presse au cours de laquelle il a évoqué sa visite reportée par Kinshasa, chez Joseph Kabila. Les propos qu’en rapportent la Voix de l’Amérique et l’AFP sont chargés d’insinuations. D’abord, que Kabila envisagerait son départ. Et c’est une « bonne décision » qu’il attend de lui.

Une décision de Kabila qui ne soit pas influencée

Le président Kabila va « prendre très bientôt, ou annoncer très bientôt, une série de décisions importantes ». Il  ne « voulait pas donner l’impression qu’il les prenait sous la pression internationale », a annoncé Antonio Guterres.

A l’inverse, fait entendre le chef de l’ONU, ce serait dommage s’il ne prend pas la bonne décision. Il dit à propos : « Si cela veut dire qu’il va prendre la bonne décision et qu’il veut donner l’impression que la pression internationale ne l’a pas conduit à prendre la bonne décision, un report me va très bien ».

Autrement dit, s’il prend une décision « pas bonne », ce report de l’entrevue passerait mal. Et c’est après? C’est toute la question que se pose !

A pourquoi refuser un 3e mandat à Joseph Kabila ?

Le chef de l’ONU sait qu’il ne peut pas grand-chose, outre les pressions qu’il exerce sur Kinshasa. L’administration du président Kabila exploite, depuis l’expiration de son dernier mandat présidentiel en 2016, des faiblesses de la Communauté internationale. C’est notamment l’incapacité de cette communauté à empêcher les mandats interdits ou interminables chez ses voisins. Rien ne justifie, pour les chefs du Congo, que qu’on le leur refuse à eux.

Mais le Congo n’est pas le Burundi ou le Gabon, par exemple, tendent à montrer les puissances occidentales et l’Union africaine. D’abord parce que le pays connait plus de deux décennies de violences incessantes. Ensuite, par ce qu’un nouvel embrasement toucherait probablement ses voisins, notamment des Grands-Lacs.

Ce que dira donc Joseph Kabila : « partir » !

Que va donc annoncer Kabila à la nation, lors de son adresse attendue le 20 juillet prochain au parlement qui achève la session extraordinaire? Qu’il se retire et se choisit un dauphin? Le propos de Guterres, au sujet de « bonne décision », le dit presqu’à demi-mot. Mais sans laisser planer le doute, ou penser à une surprise. C’est telle qu’il décide de se représenter pour l’interdit 3e mandat. Personne ne veut d’un tel mandat, tant il signifie retour aux violences armées dans un pays om l’ONU s’est discréditée à plusieurs égards.

A propos, le politologue Bob Kabamba, invité de RFI cette semaine, n’a pas exclu une intervention militaire au sein de l’Union africaine. C’est au nom du principe de rejet de coup d’État, une telle décision s’apparentant bien entendu à un coup d’État. Mais qui, en Afrique oserait agir ainsi, un peu comme le Sénégal face à la Gambie de Yaya Jameh? L’Angola et le Rwanda? Rien n’est sûr. On a vu l’ire de Kinshasa, lorsque le président français Macron a dit soutenir une action entreprise par ces deux pays voisins du Congo, en mai dernier. Les deux pays ont vite tenu à préciser qu’il ne s’agissait de rien de grave, de belliqueux pour être précis.

Mais Kabila, s’il peut encore éviter le pire, sait désormais ce qui lui reste à faire. Gueterres le lui rappelle publiquement. Il a beau vouloir ne pas subir de pressions ni de leçons, mais sa décision ne peut être qu’une : partir. Autrement, il plongerait le Congo dans une phase peut-être pareille à celle qu’il trouvait en 2001, lorsqu’il a arrivait au pouvoir. Tout le monde sait combien la tentation d’un 3e mandat a été forte pour lui. Ce serait donc sans surprise qu’il déclare sa candidature, mais bien son retrait.

Didier Makal

Rejoignez notre Newsletter!

Vous aimez les articles de Congo Durable? Inscrivez-vous dans la newsletter!

You may also read!

Taxes automobiles

Les conducteurs de taxis fuient les taxes automobiles à Lubumbashi

Payer les taxes ne mobilise pas beaucoup de personnes, notamment les automobilistes, à Lubumbashi. Surtout dans le transport en

Lire plus...

Tanganyika : des miliciens Twa rendent les armes

Dans le Tanganyika, les autorités de la province poursuivent de sensibiliser les groupes armés au désarmement volontaire. L'armée a

Lire plus...
Félix Tshisekedi, Lamuka

La paix durable, selon Félix Tshisekedi

Invité d'honneur au 2e Forum sur la paix à Paris, en France, le président congolais Féix Tshisekedi a donné

Lire plus...

Mobile Sliding Menu

Designed by SoftProviders