Elections inclusives : demande-t-on plus à Joseph Kabila ?

In Politique
Joseph Kabila, démocratie, alternance

Situation on ne peut plus confuse entre Joseph Kabila, que la contestation a poussé à ne pas se représenter pour un 3e mandat, et ceux qui le pressent. Pas donc de répit pour tout le monde, alors qu’on aurait espéré voir les gens célébrer une « victoire ». Le chef de l’Etat congolais, pourtant, croît avoir consolidé la démocratie en ne se représentant pas aux futures élections.

A la lutte congolaise pour les élections sans Joseph Kabila comme candidat, se sont joints des puissances étrangères. L’Union européenne, le Canada, les Etats-Unis. C’est au grand dam de Kinshasa qui crie à l’impérialisme. Ont aussi pesé dans ces pressions, les pays voisins de la RDC qui craignent de nouvelles violences à partir de ce pays, l’Union africaine et la SADC.

Quand la SADC énerve Joseph Kabila

Cette communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC), avec en tête le tandem Afrique du Sud–Angola, aurait récemment poussé le président Kabila de dire ses adieux. Mais ils ne réussiront pas de faire passer chez leur homologue congolais l’idée d’un envoyé spécial à Kinshasa. Un refus qui ne cache pas le peu de mobilisation du président de la RDC à donner plus que son départ.

D’abord parce que l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, proposé pour être cet envoyé spécial, pourrait ennuyer Kinshasa qui ne lâche pas assez dans les débats en cours. Contacté par Jeune Afrique, le ministre Lambert Mende est direct. « Nous n’acceptons plus d’envoyés spéciaux chez nous depuis l’Américain Tom Periello, parce qu’ils se comportent comme des proconsuls, violant toutes les règles de la diplomatie traditionnelle. »

Kinshasa n’a pas ainsi digéré les pressions de la SADC ce dernier temps. Ces propos du ministre porte-parole du gouvernement congolais le mentionnent.

Joseph Kabila croit avoir beaucoup cédé

Au fond, Joseph Kabila donne l’impression de quelqu’un qui en a fait assez. Renoncer à un 3e mandat, ce qui lui vaut déjà une importante admiration parmi la coalition au pouvoir, c’est déjà beaucoup pour lui. Il pensait, vraisemblablement, que les critiques et pressions s’arrêteraient aussitôt sa décision de retrait annoncée. Mais c’était oublier qu’en même temps qu’ils disent alternance, respect de la constitution, ses pressions disent aussi élections inclusives.

Pourtant, plus clairement, élections inclusives, cela veut dire : retour au pays de l’opposant Moïse Katumbi et ses proches. Mais aussi l’abandon des poursuites contre lui, qu’il participe aux élections prévues le 23 décembre. C’est sans oublier la libération aussi d’autres prisonniers politiques. C’est ce que désigne l’expression « décrispation politique » présente dans plusieurs discours sur les élections congolaises.

Puisque sans décrispation, le processus pourrait déboucher sur des violences. D’autant plus que l’opposition continue à rejeter l’usage de la machine à voter à la place des bulletins papiers. Elle exige, par ailleurs, le nettoyage du fichier électoral, porteur, selon elle, de plus de 10% d’électeurs fictifs, enregistrés sans empreintes digitales ou des photos.

Si la contestation se poursuit, un autre glissement ?

Mais ce que ne considèrent pas ces pressions internes et externes sur Kabila, c’est que le chef de l’Etat congolais n’en veut pas. Il l’aurait fait, si la volonté était là, depuis deux ou trois ans que dure le débat sur « l’inclusivité » du processus.

C’est donc le processus en cours qui risque de souffrir de ces divergences persistantes entre pouvoir, opposition et communauté internationale. Au pire des cas, Kabila pourrait s’en servir pour retarder une fois encore les élections : le temps, par exemple, que la Commission électorale intègre des candidats restés en marge du processus, ou de préparer le vote papier. C’est un risque que plusieurs comprennent et ne seraient pas portés à prendre. Pourtant, plus les pressions continueront, et la date des élections s’approchant, le report des élections deviendra inéluctable.

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