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Fierté congolaise : Mukwege Prix Nobel de la paix 2018 | Congo Durable

Fierté congolaise : Mukwege Prix Nobel de la paix 2018

In Congo profond
Denis Mukwege

Son nom était cité, depuis le jeudi soir sur les réseaux sociaux, pour le Prix Nobel de la paix 2018. Le médecin congolais, Denis Mukwege, déjà prix Sakharov 2014 du parlement européen. Il est connu pour son engagement en faveur des femmes victimes des violences sexuelles à l’est de la RDC.

Ça se célèbre : Mukwege Prix Nobel de la paix ! Surtout dans ce pays, la RDC, que l’on pourrait bien estimer abonné aux classements humiliants de l’Afrique. Guerres, corruption, instabilité politique chronique, catastrophes naturelles toujours catastrophiques, même pour des situations gérables… A ne pouvoir s’armer d’une bonne dose d’optimisme, le Congo d’aujourd’hui réunit assez d’arguments pour décourager et forcer à ne plus y croire.

Invitation à croire au Congo qui réussit

Mais voilà, dans cette nuit qui dure, de surprenants citoyens savent inviter à y croire. Croire  à un Congo qui réussit, qui rassure. Dr Denis Mukwege en fait partie. Depuis 1999, alors qu’il fondait un hôpital comme il n’en existe pas déjà assez dans le Sud-Kivu, à Panzi, près de Bukavu. Plus paresseusement, on pourrait bien dire c’est la voie d’un destin. Mais non. Mukwege est un travailleur.

Attaché au Congo comme à une vision, le sort a fait de lui un témoin des violences graves. « Le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille », annonçait-il, au parlement européen en 2014, en recevant le prix Sakharov. Le viol, dans les Kivu meutris par des guerres successives, est et a été une arme de guerre.

De là est né, comme un appel religieux, pour Mukwege, son engagement en faveur de la paix. Rester silencieux, face à une situation inhumaine, où des femmes, même gamines et des nourrissons sont violées, n’est-ce pas se condamner à la complicité ?

Ne pas fuir le mal, ne pas lui offrir sa tête

Mukwege, lui, a décidé d’agir, puis de dénoncer. Il y risquera sa vie. Mais malgré les menaces réelles, précisées par un attentat dont il se tire indemne, puis s’exile en Belgique, le chirurgien revient dans le Kivu. C’est comme s’il avait décidé d’aller y être enterré. Mais il ne pouvait pas abandonner ces femmes qui commençaient déjà à se mobiliser pour son retour, malgré de maigres moyens qu’elles pouvaient réunir.

Le Prix Nobel de la paix que Mukwege reçoit peut être aujourd’hui vu comme un encouragement à tous les congolais qui veulent croire. On en tirera cette leçon : fuir devant le mal est sans doute lâche. Certes, il ne faut pas donner aux violents l’occasion de triompher. Mais résister, dire au minimum « non », est sans doute la voie qu’a empruntée Dr Mukwege.

Didier Makal

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