Timides consultations des listes des électeurs à Lubumbashi

In Politique
Céni Lubumbashi, RDC

Pas du tout d’engouement des futurs électeurs dans les centres où la Céni (Commission électorale nationale indépendante) les a enregistrés, à Lubumbashi. L’affichage des listes des électeurs a pourtant démarré, il y a environ un mois dans le Haut Katanga.

Pour certains électeurs, l’information semble n’avoir pas assez circulé. Joe, une trentaine, rencontré près de l’Institut Imara au centre-ville de Lubumbashi, apprend pour la première fois que la Céni a affiché les listes des électeurs. « Je ne savais pas que les listes sont affichés dans différents centres et qu’il fallait aller voir », explique-t-il.

Les centres de vote sont des écoles

Les centres où la Céni a affiché les listes des électeurs sont pour la plupart des écoles publiques, et privées. Depuis septembre, elles ont ouvert. Ce qui n’arrange par ailleurs pas les visites des personnes désireuses de vérifier qu’elles sont bien sur les listes. En évitant des dérangements, en effet, certaines écoles recommandent aux électeurs de ne passer qu’après le temps des cours. A l’Institut Imara, par exemple, une seule personne consultait les listes, mercredi à 16 heures, à notre passage.

Pourtant, lorsqu’ils parlent d’élections attendues en RDC, les futurs électeurs interrogés semblent bien saisir l’importance de l’opération en cours. « Il faut voir ton nom dans le centre où tu t’es fait enrôler. Exactement pour voir si ton nom y figure », explique Joe Kazadi, rencontré devant l’école Imara de Lubumbashi. Pour Pompidou, un parent parti récupérer ses enfants à l’école, il est « important de savoir si on est parmi les électeurs ou les cas des fictifs ».

Électeurs fictifs

Les fictifs sont les électeurs enregistrés sans empreintes digitales, sans photos ou avec ces données incomplètes ou en mauvais état. L’opposition qui redoute des fraudes, demande à la Céni et au gouvernement de les extirper du fichier électoral.

A la société civile du Haut-Katanga, l’affichage des listes des électeurs est diversement observé. C’est un signe que la Céni n’a rien à cacher, estime Baudouin Nkwambi, de la Socico (Société civile du Congo). Il y voit « une volonté manifeste de transparence », les critiques de l’opposition étant selon lui, une façon d’éviter d’aller aux élections. (Voir la vidéo)

Avis que ne partage pas le juriste Hubert Tshiswaka, président de l’ONG IRDH. « Je ne crois pas que ce soit un indicateur fort de transparence. Il faudrait plutôt qu’elle puisse discuter des questions qui font l’objet des divergences des vues », explique-t-il.

Divergences observables ainsi même parmi les leaders de la société civile. A ce niveau, l’opposition et le pouvoir campent sur leurs positions. La Céni se trouve alors au cœur des polémiques au sujet de l’action à mener pour un consensus autour des questions qui fâchent : fichier électoral à réviser et usage controversé de la machine à voter à la place des bulletins papiers.

Didier Makal

You may also read!

Pasteur Daniel Ngoy Mulunda

Ngoy Mulunda : consensus et dialogue, unique voie pour préserver la paix en RDC

« Le chemin des élections est bien balisé. Mais l’unique voie pour préserver l’unité et la paix après les

Lire plus...
Festival Rumba parade

Le Festival Rumba parade 5e édition fêté à Lubumbashi

Depuis 5 ans, la rumba congolaise se célèbre autrement en RDC, se hissant au meilleur de son renom. C’est

Lire plus...
Sam Kabeya, Ensemble, Lubumbashi

Tensions à Lubumbashi après l’annulation d’un meeting de l’opposition

Dispositif sécuritaire important, barricades, pneus brûlés, ... l'image de la cité de jeune, un quartier du sud-est de la

Lire plus...

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Mobile Sliding Menu

Designed by SoftProviders