Présidentielle en RDC : Pour Bemba, la candidature unique de l’opposition est encore possible

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Jean-Pierre Bemba

Jean-Pierre Bemba revient à Kinshasa, après son exclusion de la présidentielle par la Cour constitutionnelle dans une affaire de subornation des témoins à la CPI où était détenu les 10 dernières années pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

L’ancien vice-président et toujours sénateur congolais, entend se battre avec ses collègues de l’opposition, pour une candidature unique à la présidentielle. Une candidature unique, pour une alternance du pouvoir en RDC, « c’est le seul moyen pacifique dont nous disposions aujourd’hui », a-t-il confié au journal Belge, La Libre.

Bemba pour une candidature unique de l’opposition

Bemba considère, en effet, que le pouvoir « met en place un processus électoral dont le seul objectif est d’assurer la victoire de ses favoris à tous les niveaux de scrutins. Face à cette situation, l’opposition doit se donner les moyens de faire face. Un de ses moyens, c’est une candidature unique. »

Mais pour y arriver, les leaders de l’opposition doivent débattre encore. La récente réunion de Johannesburg, en Afrique du Sud, a fixé la désignation du candidat commun avant le 15 novembre. Ce sera pratiquement la veille du démarrage de la campagne électorale, fixée au 22 novembre. Les ténors de l’opposition, Katumbi, Muzito et Bemba exclus de la présidentielle, et Fayulu, Kamerhe, Matungulu et Félix Tshisekedi candidats à retenus à la présidentielle, sont ainsi censés poursuivre encore les discussions apparemment difficiles.

D’autant plus que l’UDPS, pourtant premier parti de l’opposition d’après la dernière présidentielle congolaise, de 2011, n’a pas participé à la marche du 26 octobre organisée par l’opposition. Celle-ci, et Bemba le rappelle, continue de rejeter l’utilisation de la machine à voter aux prochaines élections. Elle redoute des fraudes, et appelle par ailleurs, à réviser le fichier électoral.

Elections « avec ou sans machine à voter »

Des questions sur lesquels le pouvoir et la Céni n’avancent pas du tout. Le fichier électoral est à jour et a été audité par l’OIF, a indiqué un communiqué final d’une réunion interinstitutionnelle tenue à Kinshasa, à laquelle la Céni était invitée la semaine dernière.

« Il faut, avant d’aller aux élections que nous obtenions le retrait de la machine à voter et le nettoyage du fichier des électeurs qui comporte près de dix millions de votants potentiellement fictifs. Vous imaginez le risque de bourrage des urnes », estime Bemba.

L’UDPS, pourtant, estime à propos que le pouvoir entend se servir du rejet de cette machine à voter et du fichier électoral pour reporter les élections. Ce qui l’a conduit récemment à dire qu’ « avec ou sans machine à voter, elle ira aux élections ». Une façon, selon elle, de contraindre le pouvoir à respecter la date du 23 décembre pour les élections. Mais déjà certains opposants crient à la trahison de l’UDPS.

Le scrutin attendu est d’autant plus important qu’il devrait assurer la première alternance pacifique du pouvoir en RDC depuis l’indépendance en 1960.

Didier Makal

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