Martin Fayulu, le choix calculé de l’opposition à la présidentielle

In Politique

Les sept leaders de l’opposition congolaise réunis à Genève ont désigné Martin Fayulu pour les représenter à la présidentielle du 23 décembre. L’enjeu est d’autant plus grand que tous se sont fait l’obligation de s’unir.

L’opposant, chef du parti Ecidé, a été député national jusqu’à 2017. Il a abandonné son siège, estimant que le parlement était illégitime, puisqu’en dépassement de mandat. Élu pour cinq ans en 2006, le sénat n’a pas été renouvelé. Tout comme d’ailleurs l’Assemblée nationale hors mandat depuis 2016.

Un candidat plus consensuel ou le moins risqué ?

Le choix de Fayulu semble mettre en avant l’apaisement. Peut-être aussi que les 7 leaders de l’opposition ont voulu éviter tout risque d’invalidation d’un candidat comme Félix Tshisekedi, que certains à l’opposition donnaient il y a peu, comme sous pression d’exclusion de la course par le pouvoir, en raison d’un supposé défaut de diplôme d’université mentionné dans son dossier de candidature. La loi électorale prévoit, en effet, que même après validation d’une candidature par la haute cour, s’il était établi qu’un candidat était concerné par une situation d’inéligibilité, sa candidature sera annulée. Mais tout cela tend à paraître comme inexact pour le chef de l’UDPS, principal parti de l’opposition au sortir de la présidentielle de 2011. Puisque la désignation de Fayulu signifie qu’il a accepté de renoncer à sa course et donc, n’avoir pas d’entente avec le régime du président Kabila.

Faciliter le retour et l’éligibilité de ses pairs de l’opposition

Autres enjeux, c’est l’éligibilité des candidats exclus de la présidentielle de 2018. Le cas de Bemba et de Katumbi. Le premier a été refusé pour une condamnation par la CPI pour subornation des témoins dans une affaire Centrafricaine de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le second, Katumbi, n’a pas pu rentrer au pays, accusé notamment de mercenariat. Il y a aussi Muzito, l’ancien premier ministre qui a été disqualifié pour des conflits avec son ancien parti, le Palu qui est resté proche du pouvoir.

Lire aussi :Martin Fayulu : « Nous allons reprogrammer le meeting de Lubumbashi »

Mais Fayulu candidat à la présidentielle, profite de la “générosité” de ses paires candidats. Il est plutôt un de ces “petits candidats, comparé à l’électorat de Kamerhe et de Tshisekedi qui acceptent toutefois de le laisser avancer. Mais il a de l’influence dans l’ouest du pays, et à Kinshasa où il a été élu depudé. Fayulu a été souvent en tête des manifestations populaires. En 2016, dans une manifestation anti Kabila, il avait été blessée à la tête et admis momentanément dans un hôpital.

Fayulu face au candidat du pouvoir, Shadary

Enfin, il y a d’autres personnalités de l’opposition comme le candidat à la présidentielle Matungulu. Ou encore, de nombreuses coalitions de l’opposition soutenant l’un ou l’autre leader de l’opposition, parmi les sept réunis en Suisse. Tous ont dorénavant l’unique mission : faire voter Fayulu comme président face au candidat du pouvoir, Emmanuel Shadary qui déjà, est sur le terrain depuis plus d’un mois, soutenu par le président Kabila.

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