Après Kindu, Lubumbashi : la campagne électorale prend une allure violente en RDC

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Lubumbashi, Campagne électorale, Fayulu

Après Kindu, un autre meeting interdit au candidat de l’opposition Martin Fayulu. Cette fois, à Lubumbashi, le mardi 12 décembre. Les militants partis l’accueillir s’en sont pris aux images des candidats du pouvoir qu’ils ont décrochées ou déchirées.

D’après le bilan de l’ONG ACAJ (Association congolaise pour l’accès à la justice), deux personnes ont été tuées par balles. Il mentionne aussi 43 blessés dont 13 par balles, 5 véhicules incendiés dont deux appartenant à la police. Bien plus, la police aurait interpellé 27 militants de la coalition Lamuka, soutenant Martin Fayulu à la présidentielle, indique l’ONG.

Au moins deux morts, pas un sel selon la police

Joint par RFI, le chef de la police du Haut-Katanga, le général Kyungu, n’a pas reconnu un seul mort durant les troubles. Par ailleurs, dans la soirée, une école appartenant à un ministre provincial a été incendiée à Kalebuka dans la commune de Kenya. A été pris à partie aussi, un bureau de la Société nationale d’assurance.

A l’entrée du centre-ville de Lubumbashi, au Carrefour, les manifestants ont particulièrement déchiré les photos de campagne électorale des candidats du pouvoir, particulièrement celles d’Emmanuel Shadary. Pour Jean-Pierre Kambila, un conseiller du président Kabila, l’opposition vise à entraîner la communauté internationale dans la contestation des résultats des élections.

Kindu, Lubumbashi, villes disputées

La tension a persisté jusque dans le soir. Tôt le matin, le même mardi, beaucoup de militants de la coalition Lamuka avaient pris la route de l’aéroport pour accueillir Martin Fayulu. Depuis le basculement de Moïse Katumbi, Gabriel Kyungu et leurs alliés dans l’opposition en 2015, Lubumbashi assiste à une espèce de guerre de leadership.

Le pouvoir a souvent tenu à montrer que la ville est une base-arrière du président Kabila, originaire lui aussi du Katanga. Les proches de Katumbi, quant à eux entendent en faire une terre d’opposition contre le président Kabila.

Mais les violences de mardi ont ceci de particulier qu’elles suivent les troubles survenus deux jours plus tôt à Kindu, dans le Maniema. Fayulu qui arrivait de Kisangani pour son meeting de campagne électorale, n’avait pas eu l’autorisation d’atterrir. Pour cause, ses militants et ceux du pouvoir (le FCC), d’après plusieurs médias, ont eu quelques accrochages qui ont conduit les autorités à bloquer l’arrivée du candidat.

Lamuka énonce une injustice

Mais Fayulu qui refuse l’utilisation de la machine à voter, a dénoncé une manœuvre visant à l’empêcher de rencontrer sa base dans une province dont le candidat du pouvoir est originaire, Emmanuel Shadary.

Pour Moïse Katumbi, c’est « intolérable », ce qui s’est passé à Lubumbashi. « Une vraie élection, explique-t-il sur Twitter, cela passe d’abord par une vraie campagne, libre et démocratique ! » Dans un autre Tweet, il laisse entendre que le pouvoir vise Fayulu parce qu’il est « le candidat non choisi par Joseph Kabila ».

Fayulu a ainsi dû se rendre à Bukavu, avant Lubumbashi. Cela a sans doute eu pour effet de monter la tension dans la campagne électorale qui a pourtant été calme les deux premières semaines.

Didier Makal

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