Les Congolais devraient-ils craindre les changements climatiques?

In Environnement

Les températures augmentent, la famine menace et l’eau manque de plus en plus dans le monde. L’insuffisance en eau, par exemple, pourrait causer des tensions ou provoquer des exodes massifs. Les scientifiques ainsi que de nombreuses organisations s’accordent sur ces faits. Au Congo, les gens devraient-ils craindre les changements climatiques?

Les changements climatiques ont déjà leurs manifestations en RDC. La question ne mobilise pourtant pas encore assez des Congolais. Il fait de plus en plus chaud, presque partout. Dans le Katanga, la saison sèche s’allonge progressivement, par exemple. 

Au lendemain de la publication du rapport du World Ressources Institute (WRI) sur l’état de l’eau sur la planète, le GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, s’inquiète à son tour. Pour lui, l’humanité épuise les terres

Changements climatiques : les habitudes qui nuisent à la terre

La preuve c’est que les scientifiques ont rappelé de nouveau, le 29 juillet 2019, que l’humanité a épuisé les ressources nécessaires pour une année. Ces réalités, vécues aussi au Congo, semblent pourtant ne pas davantage mobiliser de monde. 

Le réchauffement climatique y joue certes, un rôle remarquable. Mais le rôle de l’homme, une fois de plus, met les scientifiques d’accord. Il accentue avec les effets de serre suite à la surconsommation des mêmes ressources par l’homme.

Pépinière, Forêt communautaire
Une femme préparant une pépinière au village Kalunda, sous l’observation des experts de la FAO. Didier Makal

Des rapports alarmants sur l’avenir de l’humanité 

Dans le rapport « Changement climatique et terre », les experts de l’Onu réunis au sein du GIEC, ont notamment considéré la sécurité alimentaire. Ils la considèrent comme devenue délétère. D même d’ailleurs que la dégradation des sols, la gestion durable des terres, etc. En cause, l’élevage et l’agriculture continueraient à davantage d’émissions de CO2. 

Ces émissions, on le sait, augmentent le réchauffement de la planète. En effet, la surutilisation des ressources naturelles notamment l’eau, est excessive.

Des scientifiques s’inquiètent : « 2018 a été la 4ème année la plus chaude dans le monde. Les émissions des six gaz à effet de serre ont augmenté de plus de 80 % depuis 1970 et de 45 % depuis 1990. Les fonds marins, très affectés par la pollution, sont dans un état alarmant et l’augmentation du gaspillage alimentaire participe à la dégradation de la santé de la Terre. »

Ce dernier rapport présente un état dégradé des sols à cause de l’homme. Les surfaces destinées à l’agriculture ont augmenté autant que la population mondiale, impactant sur la chute de la biodiversité sur la planète et la perte d’écosystèmes.

L’humanité doit changer de comportements

Le rapport publié par le GIEC indique que l’humanité devrait redoubler d’efforts pour des stratégies qui puissent décélérer la dégradation des sols et le réchauffement climatique. A en croire les scientifiques, sans cela les retombées sur l’humanité pourraient être catastrophiques.

Des experts assurent d’ailleurs que « retarder le passage à l’action pourrait avoir pour conséquence des effets irréversibles sur certains écosystèmes, avec à long terme le risque de conduire à une augmentation considérable des émissions qui accélérerait le réchauffement climatique ». 

Des recommandations salutaires pour la planète 

Le WRI est convaincu que le stress hydrique n’est pas une fin en soi, il est réductible. D’où ses recommandations qui voudraient l’augmentation de l’efficacité agricole en faisant « en sorte que chaque goutte d’eau aille plus loin dans les systèmes alimentaire ».  L’investissement dans les infrastructures grises et vertes, convaincus que « les es infrastructures peuvent aussi contribuer à résoudre le problème d’approvisionnement en eau ». Enfin, le traitement, la réutilisation et le recyclage, un système proposé pour réduire la consommation en eau. « Les eaux usagées, indiquent les experts, ne doivent plus être considérée comme des déchets. Elles peuvent faire une nouvelle source d’eau ».

 De l’autre côté, les experts du GIEC sont convaincus que les comportements alimentaires de l’homme au 21ème siècle n’aident assez au maintien de l’équilibre écologique et climatique. 

Et si l’eau venait réellement à manquer sur la planète ?

A la lumière de différents rapports sur les modifications du climat, les analystes constatent que l’insuffisance d’eau sur la planète va bientôt faire se confronter des peuples. Le climatologue de l’université de Lubumbashi, Jean-Pierre Djibu, affirme que « pas d’eau, pas d’alimentation. Car les plantes qui en ont besoin pour croitre et nourrir l’homme sècheront désormais. On aura alors le stress alimentaire aux cotés de celui hydrique ».

Parmi les conséquences, les années à venir verront des populations se livrer des guerres. « Les populations vont commencer à migrer vers les terres encore arables et vers l’eau. Ces exodes internes et externes auront pour conséquences des conflits. Les communautés encore confortables ne seront pas réceptives et des guerres naitront à cause de l’eau », ajoute le climatologue Jean-Pierre Djibu.

Fidèle Bwirhonde 

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