Vendeurs ambulants à Lubumbashi : le droit de vendre partout ou de survivre?

In Congo profond

A Lubumbashi, 2e jour de manifestation des vendeurs ambulants le mercredi 4 septembre. Ils ont marché dans l’avant-midi, jusqu’au gouvernorat de la province du Haut-Katanga

Comme le mardi dernier, les marcheurs refusent de quitter l’avenue des Usines, au centre-ville commercial de Lubumbashi. Les commerces le long de cette avenue, des plus fréquentées, se plaignent des encombrements. Surtout, ils se sentent parfois concurrencés par des vendeurs qui étalent leurs marchandises devant.

Libérer le centre-ville ou laisser se débrouiller les vendeurs ambulants ?

Ainsi le mardi matin, la police a dispersé ces personnes. Sans tarder, elles ont protesté en brûlant des pneus. Les soldats ont quitté le lieu, des instants après, vraisemblablement rappelés par les autorités de la ville.

« On nous laisse souvent vendre à la rentrée des classes, explique une jeune femme parmi les manifestants. L’école est gratuite, mais pas les cahiers et les uniformes ».

Une autre femme, une cinquantaine révolue, explique qu’elle n’a pas encore inscrit ses enfants à l’école. Elle a besoin ainsi de vendre des friperies en ce moment, pour y parvenir. « Qu’on nous laisse vendre un temps pour envoyer nos enfants étudier.» Elle ajoute par ailleurs que sans travail, la vie est dure pour elle. « La nourriture devient trop cher à Lubumbashi. Le président Félix Tshisekedi est à nous. Qu’il nous laisse vendre un peu ».

La question ne met pas tout le monde d’accord, toutefois. Patty Songolo par exemple, un des leaders des jeunes à Lubumbashi, pense qu’on ne peut pas revendiquer le droit de vendre partout

Mesures difficiles d’application 

Après les avoir reçus le mercredi, le ministre de l’intérieur du Haut-Katanga, Bobo Malulu, a invité les les manifestants à retourner vendre. 

C’est une nouvelle tentative ainsi échouée de la mairie de Lubumbashi, de sortir ces personnes du centre-ville. 

Lire aussi : Les taxis-motos refusent de quitter le centre-ville de Lubumbashi

Des jours avant, en plus, il avait invité aussi les conducteurs des taxis motos à ne pas circuler dans la même partie de la ville. Ils sont toujours là. Le mouvement citoyen Lucha avait, à l’occasion, dénoncé une décision « impopulaire », invitant le maire à plutôt encadrer les petites initiatives qui permettent aux gens de vivre. 

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