RDC : Indépendance dans une économie aux mains d’étrangers ?

In Politique
Fraude douanière, Taxes, Katanga

La RDC, un pays indépendant. Mais seulement sur le plan politique, et il faut en plus le démontrer. Du moins, en considérant le pouvoir que représentent les expatriés sur l’économie congolaise.

Beaucoup le savaient déjà au départ, mais pas exactement à quelle hauteur les étrangers pèsent dans l’économie congolaise. Au forum économique Sultani Makutano, qui a démarré le 6 septembre à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a en surpris beaucoup.

L’économie congolaise est à 80% aux étrangers

Les Congolais ne contrôlent à peine que 20% des industries qui existent dans le pays. Ils ne contribuent d’ailleurs, d’après le président congolais, qu’à cette hauteur-là même à titre d’impôts.

« Environ 26.000 expatriés régulièrement inscrits auprès des services d’immigration, contrôlent plus de 80 % de l’industrie et du commerce formel », a déclaré Félix Tshisekedi. Ces investisseurs paient en plus, indique-t-il, « l’essentiel de l’impôt mobilisé par le pays ». Cela veut dire, en clair que l’économie congolaise n’appartient pas aux Congo.

Lire aussi : Félix Tshisekedi et l’épreuve du « changement »

Du coup se pose au niveau politique, avec insistance, la question de souveraineté. Surtout quant aux implications d’une telle situation au niveau de conception et de mise en œuvre des politiques publiques. Sans compter sur des capitaux congolais, qui logent dans des banques congolaises, l’économie nationale ne peut se stabiliser sur une longue période.

Quelle indépendance au niveau politique ?

Puisque la majeure partie de ces investissements étrangers relèvent du secteur extractif. Autrement dit, les produits congolais vont à l’étranger pour la suite des processus de transformation.

Le cas des minerais comme l’or, le cobalt, le cuivre ou encore le diamant. Les bois comptent aussi dans cette catégorie des produits destinés à l’importation. Cela va, sans conteste, avec la sortie des devises étrangères.

A la suite de la longue plongée en 2016 du Franc congolais, la monnaie congolaise, l’Etat avait obligé les investisseurs étrangers à loger 40% de leurs bénéfices dans des banques congolaises.

Ainsi le veut la loi congolaise, en effet. Mais la mesure n’avait jamais fait l’objet de suivi en vue d’une stricte application. Au contraire, la tentative du gouvernement à ramener les investisseurs à cette exigence légale avait contribué à amplifier la méfiance entre notamment les miniers et l’Etat Congolais.

Par peur des troubles autour de l’alternance du pouvoir en RDC, beaucoup d’investisseurs avaient préféré garder leur argent à l’étranger. Dans le contexte de 2016-2018, le plongeon du Franc congolais était devenu tout politique. Puisqu’il exerçait une pression de plus sur le gouvernement.

Bientôt Kinshasa ne pouvait plus réaliser certains projets publics, ou encore faciliter le fonctionnement des institutions. Puisqu’en plus des impôts que les privés ont continué à payer, la peur des étrangers avait fini par donner l’impression de l’imminence d’une catastrophe.

Au forum de Kinshasa, le 6 septembre, le président Félix Tshisekedi a ainsi envisagé « des mesures fortes et incitatives » au niveau gouvernemental. Objectif : promouvoir des investissements à capitaux congolais.

Il a évoqué notamment la création d’un fonds de garantie, censé soutenir les initiatives des jeunes investisseurs. Le problème c’est que ce fond qu’il a promis en urgence fin juillet, attend désormais depuis plus d’un mois.

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