Plus d’actions que de discours, veulent les Congolais (Ilunkamba)

In Politique
Sylvestre Ilunga Ilunkamba

« Les Congolais sont fatigués des discours », ils veulent des actions. Petite phrase du premier ministre Ilunga Ilunkamba au cours d’une plénière à l’assemblée nationale. Il présentait le programme de son gouvernement avant son investiture par les députés.

Ce propos sonne naturellement opposition politique, ou le moins qu’on puisse dire, à la société civile. Pourtant, il vient du nouveau premier ministre du Front commun pour le Congo, Sylvestre Ilunga. Il appelle à une rupture entre promesses souvent non réalisées et paroles non tenues. Et rappelle, en plus, la nécessité de passer « en urgence » aux actes qui améliorent les conditions sociales des populations.

Des promesses, et les besoins sociaux plus nombreux

Beaucoup a été promis. Mais les actions n’ont pas toujours suivi à propos de la réduction de la faim, de la pauvreté, ou encore des épidémies, par exemple. Mais pendant que le premier ministre parlait à l’assemblée nationale, il y a une semaine, dans le Haut-Katanga, le sac de farine de maïs a atteint près du double de son prix normal.

Sur quelques 800.000 tonnes de maïs nécessaires, la région ne produit à peine que 200.000. Le gap est comblé par des importations, notamment de la Zambie. Et chaque fois que ce pays réduit le volume de ses exportations, c’est la crise à Lubumbashi.

Beaucoup de gouvernements ont pourtant promis dans leurs plans d’actions eau, électricité, emploi, agriculture, …. Mais le résultat surprend chaque fois. Moins de 15% des Congolais seulement, par exemple, ont accès à l’électricité d’après la SNEL. Ou encore comme actuellement à Lubumbashi, une pénurie d’un aliment de base pour plus de 2.5 millions d’habitants. Cela dure depuis des décennies. « Les Congolais veulent des actes », a lancé le premier ministre, comme un défi pour lui-même et contre des précédents gouvernements.

Des jeunes exigent les actions plutôt que des discours

« Le premier ministre l’a bien dit, estime Louis Tshikonde du mouvement citoyen la Lucha de Lubumbashi. Les Congolais ne doivent pas manger ou dormir sur des discours. Ils ont besoin de la pratique, mais la pratique ne viendra pas seule. Elle viendra avec la bonne volonté. Si tous les politiciens manifestent la bonne volonté, nous pensons que nous aurons plus de réalisations. Plutôt que de rester dans les discours ».

« Le mensonge a ébranlé la plupart de pays dans le monde. Il y a des politiciens qui ne savent pas corréler les paroles aux actes. Beaucoup de politiciens font des discours qui ne veulent rien dire », déplore Orville Kanyebo du Mouvement des jeunes pour la dignité et le développement.

Le Congo ne fait toutefois pas face à une première, à propos de l’écart entre ce qu’on dit et ce qu’on fait ou ne fait pas. Avant Sylvestre Ilunga, Joseph Kabila. Il avait même titillé le premier ministre Augustin Matata qui revendiquait une forte croissance économique, en déplorant que le social des populations n’en était pas transformé.

Dans un autre contexte, par ailleurs, l’ancien président de la RDC invitait ses détracteurs à croire à ses œuvres, s’ils ne pouvaient pas croire à ses paroles. Il se présentait alors comme plus pragmatique que simplement un bon parleur. Au final, le problème est posé : arriver au Congo, à faire ce qu’on dit. Ce qui n’est pas le cas à ce jour, font remarquer les jeunes de Lubumbashi interrogés par Congo Durable.

La Fatshimétrie, et la veille citoyenne selon la Lucha

Pour Louis Tshikonde de la Lucha, le non-respect de la parole donnée relance la question de la participation citoyenne. C’est dans ce cadre que le mouvement pro-démocratie a lancé la campagne « fatshimetrie ». « C’était pour suivre les promesses du président Félix Tshisekedi lors de sa campagne électorale », explique-t-il. L’objectif, explique ce militant de la Lucha, consiste à évaluer le degré de réalisation des promesses de campagne. « Vous savez que les politiciens oublient ce qu’ils ont promis, une fois ils sont arrivés au pouvoir. C’est pourquoi la Lucha a démarré la campagne appelée fatshimétrie pour comparer ce qu’il a promis durant la campagne avec ce qui se passe sur le terrain. »

Vendredi le 6 septembre, l’assemblée nationale a investi le gouvernement Ilunkamba. Le premier ministre, ainsi que le président avec qui il partage la vision du gouvernement, ont l’occasion de faire ce qu’ils ont dit.

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