Comment réduire l’écart entre la parole et les actes en RDC?

In Politique
Parole et actes

Et si on parlait moins et faire plus en RDC? Ceci changerait beaucoup de choses. C’est ce que pense Louis-Michel, professeur de communication et chef du département de communication à l’Université de Lubumbashi. Congo Durable vous propose l’interview qu’il a eue avec Didier Makal. Il parle de l’écart souvent grand entre la parole et les actes.

Congo Durable : La parole et les actes, il y a de plus en plus d’écarts au Congo, et en Afrique de manière générale. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cela ?

Léon-Michel Ilunga : Plusieurs raisons peuvent expliquer cet écart parmi lesquelles il y a la tradition orale. En Afrique, les gens s’appuient généralement sur ce qui est oral et rarement sur ce qui est écrit. Il est alors possible de modifier le discours, de le réajuster pour l’adapter à la situation réelle du terrain.

Lire aussi: Plus d’actions que de discours, veulent les Congolais (Ilunkamba)

Ceci creuse davantage l’écart. A cette raison, s’ajoutent aussi les types de croyances : nous avons des croyances sur nous-mêmes et sur des choses qui ne marchent pas ensemble. Même à notre propre parole nous ne croyons pas. Quand nous la donnons, nous avons tendance à la modifier.

Quand vous écoutez les mouvements citoyens et les organisations de la société civile inviter à agir, est-ce que vous avez l’impression qu’il y a un réveil ou un début de changement?

Effectivement, il y a un début de changement dans notre société. Les manifestations organisées à travers nos villes montrent que la population, y compris certains acteurs politiques, fatigués d’attendre, sont décidés à passer à l’action. Il faut donc qu’il y ait des actions concrètes sur le terrain pour que la population se rende compte qu’il existe un État, un gouvernement et que les institutions fonctionnent.

Qu’est-ce qu’on peut faire lorsqu’on sait que pour agir les gens ont besoin de parler ? On leur reproche de ne faire que des discours !

On doit toujours parler et échanger, mais il faut que ça soit moins. Le président honoraire Joseph Kabila en est un bel exemple dans l’histoire de notre pays. Il parle peu, mais agit beaucoup. Il faut donc faire plus et parler moins.

Que faut-il donc faire en Afrique ou au Congo pour que l’écart entre ce qui est dit et ce qui est fait se réduise ?

Les hommes politiques en Afrique, et particulièrement au Congo doivent d’abord s’aimer eux-mêmes, et ensuite leurs pays. Il faut aussi du respect de soi. C’est ce qui leur permettra de ne pas se contredire. Car ils vont aller dans le sens d’organiser les choses pour eux-mêmes et pour leurs pays.

Interview retranscrite par Willy Mbuyu

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