Les petites centrales électriques pour les villages en RDC

In Environnement
Inga, SNEL, Centrales électriques

Les petites centrales électriques devraient jouer un rôle important dans la réduction du déficit énergétique en RDC. C’est ce que pense le président Félix Tshisekedi, à la suite de ses prédécesseurs. Il l’a dit en marge du forum économique Investir en Afrique, au Congo-Brazzaville, début septembre 2019.

Le potentiel énergétique congolais reste grand. D’après l’inventaire du ministère de l’énergie, sous Joseph Kabila, la RDC dispose d’une palette plus grande de possibilités. L’atlas des énergies renouvelables de 2014 renseigne plusieurs chutes naturelles sur des rivières congolaises, où on peut développer l’hydroélectricité. Il répertorie aussi les zones favorables au développement des énergies solaires, et même les énergies éoliennes.

Un grand déficit énergétique, et des connexions plus petites

Les petites centrales, parfois de moins d’un méga watt, peuvent cependant se développer sur de nombreuses cours d’eau non répertoriés. Elles ont l’avantage de présenter un faible coût en termes de financement.

En plus, bien entendu, de leur proximité avec les bénéficiaires, explique le professeur Jean-Paul Katond, titulaire d’un doctorat en hydroélectricité. « Une petite centrale peut alimenter un village, deux villages ou trois. Elles peuvent ainsi permettre que les zones rurales soient fournies en électricité », explique-t-il dans une interview à Congo Durable.

Au Congo, d’après la société nationale de l’électricité (SNEL), seuls environ 15% de Congolais ont accès à l’électricité qu’elle distribue. Les sociétés minières qui demandent 1411 Mégawatts d’électricité dans le Katanga, par exemple, n’obtiennent que 751 Mw. Le déficit de 860 Mw continue de handicaper les productions.

Petites centrales électriques, plus proches des utilisateurs

Les petites centrales électriques peuvent ainsi produire de l’électricité capable d’induire des changements profonds. Y compris en faveur de l’agriculture, dans ce Congo qui connaît constamment des crises d’alimentation. Comme c’est le cas, d’ailleurs depuis août à Lubumbashi, rappelle Jean-Paul Katond.

« Il y a des gens qui ont des fermes et qui ont du mal à arroser leurs champs. Ils ne savent pas faire de meilleurs rendements, par manque d’eau, ou parce que le coût de carburant arroser les champs de maïs sont exorbitants. Voilà, une bonne manière de faire, c’est de pouvoir de financer des projets comme cela », ceux portant sur de petites centrales électriques.

Or, le financement reste la principale pierre d’achoppement pour les projets énergétiques congolais, et même d’ailleurs africains de manière générale. Le coût de production reste élevé pour être à la portée des agriculteurs à petits capitaux. « On peut produire environ 1 kilowatt avec environ 1.000 et 2.000 USD. Parfois, on peut avoir des projets qui débordent jusqu’à 3.000 ou 4.000 dollars. Si vous voulez par exemple 20 Kilowatts, donc vous êtes autour de 40.000 USD », conclut l’enseignant.

Un coût sans doute inabordable, et qui classe du coût, les investissements dans le secteur énergétique, une affaire des très riches. Voire, une affaire de grands investisseurs qui à ce jour, sont étrangers ou s’associent avec des capitaux étrangers.

Des fonds pour financer les projets électriques

Encore que les prêts bancaires sont hésitants et trop élevés, explique Jean-Paul Katond qui construit, il y a peu, une petite centrale dans une ferme privée dans les environs de Lubumbashi. Pour cela, explique-t-il, certains pays comme l’Inde décident de soutenir les initiatives privées avec des financements. Parfois l’Etat se porte garant auprès des banques pour que les porteurs des projets énergétiques à faibles capacités, trouvent des prêts.

Le gros de budgets pour une centrale électrique, explique par ailleurs cet enseignant de Lubumbashi, va à la construction du barrage. Il s’agit de l’ouvrage en moellons, qui exige plus de ciments et d’autres matériaux de base. Le tout pour un coût jusqu’à 40% du budget. Puis, viennent d’autres éléments importants comme la turbine, mais aussi les études préalables et en aval, le transport de l’électricité.

Didier Makal

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