F. Tshisekedi : 4 raisons pour ne pas fouiner dans le passé

In Politique
Félix Tshisekedi

Le président Félix Tshisekedi vient-il dr toucher à la corde raide? Depuis la semaine dernière, beaucoup de Congolais s’indignent d’entendre le nouveau président refuser de « fouiner dans le passé». Ce sont ses propres mots. Pourtant, il semble voir juste; et voici pourquoi. 4 raisons.

Fouiner dans le passé… Félix Tshisekedi répondait, dans une interview, aux questions de deux médias francophones, à Bruxelles. C’était en a l’occasion de sa visite officielle en Belgique, huit moins après son investiture comme 5e président de la RDC.

Fouiner dans le passé : les enjeux d’une alternance atypique

C’est là qu’il a eu ces mots qui alimentent les débats, depuis, au Congo et sur la toile. Ceux qui attendaient que l’administration de Joseph Kabila, dont certains caciques sont encore puissants, rendent les comptes.

Cela irait bien, selon ces Congolais, avec l’idée d’un État de droit promis par Félix Tshisekedi. Autrement, s’attaquer à l’impunité. Et cela implique de mettre sur table : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes économiques et fraudes ou détournements, sans oublier de nombreuses violations des droits de l’homme. 

Lire : Félix Tshisekedi et l’épreuve du « changement »

Pour ces raisons, renoncer à demander des comptes peut bien frustrer plusieurs personnes. Pourtant, il existe d’autres enjeux que semble bien vouloir mettre en avant le président congolais. En voici 4.

Difficile d’agir sans Kabila après Joseph Kabila

C’est aussi simple que cela. Il est difficile aujourd’hui, d’agir sans Kabila après sa présidence longue de 18 ans. Une période assez suffisante pour que le président honoraire ait tout taillé à son goût. 

De la sécurité à l’administration publique, changer les acteurs, parfois compétents ou simplement devenus incontournables, demande à la nouvelle administration plus de temps. Du temps nécessaire pour changer. En attendant, Kabila demeure, même sans diriger. Puisque certains lui doivent encore leurs postes, et à ce titre, devraient un jour ou l’autre lui rendre des comptes.

En même temps, et c’est l’avis du défenseur des droits de l’homme Georges Kapyamba : le président entend laisser agir la justice. 

« C’est le travail de la justice et de la société civile ainsi que des victimes qui ont enduré les conséquences des crimes graves commis contre eux », explique-t-il à Actualite.cd. Autrement dit, « que chacun se remette à son travail. Moi président de la République, je veux faire mon job tracé par la constitution et les lois de la République. Le reste, c’est à vous justice, société civile, victimes d’accomplir aussi vos devoirs », commente Georges Kapyamba.

Dans le même ordre d’idée, Félix manque d’appui institutionnels

Félix Tshisekedi a ceci de particulièrement nouveau pour un nouveau président congolais: d’émerger d’une lutte populaire. Même si, en revanche, son principal opposant, Martin Fayulu, continue de l’accuser de lui avoir volé sa présidence en signant un arrangement avec le président sortant. 

Mais parlé le soutien populaire dont il jouit encore en ce début de mandat, l’ancien opposant manque d’appuis institutionnels. Il manque de majorité au parlement national, et même dans les parlements des 26 provinces congolaises. 

Dès lors, s’engager dans une lutte qui va vite s’apparenter à un règlement des comptes, ou à une chasse au système kabiliste, pourrait s’avérer risqué pour sa présidence et pour la stabilité nécessaire aux réformes qu’il envisage. La sagesse voudrait que le nouveau président ménage les chèvres et les choux.

Quitte à trouver une excuse à sa promesse de « déboulonner la kabilie » et sa dictature. On pourrait d’ailleurs compter cela pour l’effervescence de début. Ou, en revanche, à un plan qu’il convient de revoir plus tard, sans pour autant l’abandonner.

Calmer le jeu

Félix Tshisekedi aura probablement montré, au cours d’âpres discussions sur la formation du gouvernement (qui ont duré environ 6 mois), qu’il avait des griffes.

Important pour celui que ses détracteurs continuent de présenter comme un président sous les ordres de son prédécesseur. Joseph Kabila qui, malgré son retrait salué par beaucoup de Congolais et même la communauté internationale, continue à peser sur la politique nationale avec son Front commun pour le Congo qui contrôle et le gouvernement et les parlements.

Ces discussions qui ont envoyé des militants du FCC de Kabila et du Cach (Cap pour le changement) de Félix Tshisekedi dans la rue, ont montré à quel point la situation reste explosive au Congo.

Même si, depuis l’alternance du pouvoir en douceur, la tension a significativement baissé. Calmer le jeu, pour le nouveau président, devrait permettre d’éviter toute logique d’affrontements. Au final, le nouveau président pourrait profiter du calme pour réaliser ses réformes.

Prendre le temps…

Le temps. Tout le monde, en effet, en a besoin. Y compris le nouveau président de la République. Félix Tshisekedi pourrait se servir de l’usure par le temps, pour élaborer sa stratégie et l’appliquer. Celle-ci pourrait inclure, il l’avait déjà annoncée, le démantèlement du système Kabila et s’en tenir à sa collaboration directe avec son prédécesseur. 

Mais tout cela devrait probablement dépendre de sa capacité à gérer les deux pressions qui iront croissant. Celle de ceux qui attendent que les auteurs des crimes répondent de leurs actes. Un signal qui serait alors fort pour dire changement. Et, aussi, la pression du camp qui se sent visé par ces pressions. 

MM

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