Cuivre et cobalt pour affamer le Haut-Katanga?

In Congo profond
Cheminée de la Gécamines, Cobalt

Dans le Sud de la RDC, des sites d’exploitation minière prolifèrent depuis plus d’une décennie, à la recherche de cuivre et cobalt. La faim gagne aussi du terrain. Industrielles ou artisanales, les activités minières attirent beaucoup d’investissements publics et privés.

Mais la population reste majoritairement affamée et pauvre. Des millions d’hectares de terres arables intéressent peu. En revanche, les cuivre et cobalt attirent plus d’yeux sur eux.

Chaque jour des engins lourds transportant du cuivre et du cobalt roulent à un rythme effréné sur la nationale numéro 1 de la RDC.

Des pauvres publiés, et affamés

Sur cette route, ils traversent le Lualaba et le Haut-Katanga, deux provinces de la copperbelt (ceinture de cuivre) congolais et, finissent dans sud du continent.

De part en part, des usines d’exploitation minière surgissent du sol souvent parmi la population, à côté des habitations précaires des paysans pauvres et affamés. 

Ces pauvres, oubliés des gouvernants, sont pourtant les premiers à vivre au quotidien l’exploitation de ces minerais sans en bénéficier.

Exportés à moitié traités, ces cuivre et cobalt signent de grandes pertes pour le pays. Ils sont destinés au marché international. Le cobalt, en effet, est nécessaire notamment à la production des voitures électriques, et le cuivre à l’électricité.

Cuivre et cobalt pour des millions d’affamés

Mais la RDC enregistre l’un des taux d’accès au courant électrique les plus bas d’Afrique, soit 15% d’une population estimée à 80 millions d’habitants. Le secteur minier devrait pourtant être un véritable levier du développement de la RDC. A condition de l’exploiter à bon escient, en faveur du pays.

Dans la semaine du 07 au 12 octobre 2019, la commission nationale des mercuriales du ministère du commerce exterieur a indiqué qu’une tonne de cuivre pourrait se négocier à 5.704, 40 USD. Celle du cobalt atteindrait les 469,50 USD.

C’est une légère baisse par rapport à la semaine du 30 septembre au 5 octobre où le cuivre et le cobalt se négociaient mieux. Le cuivre à 5.746, 60 USD, le cobalt 39.690 USD.

Malgré cette baisse conjoncturelle,  ces chiffres restent importants pour booster le développement du pays par le financement d’autres domaines de la vie nationale dans une perspective de diversification de l’économie.

Près de 8 millions de congolais en insécurité alimentaire

Les chiffres alarment et irritent. Exactement 7, 7 millions d’entre le congolais, Selon l’ONU et des ONG, ne mangent pas à leur faim. Ils sont dans une situation d’insécurité alimentaire.

Mais la RDC reste malgré tout un pays riche. Ses ressources naturelles arrogantes lui donnent cuivre et le cobalt dans le Haut-Katanga. Naturellement, le coltan dans le Nord-Kivu, le diamant aux Kasaï, en de l’or, du fer, du nickel, du manganese et de l’uranium… L’ironie du sort, c’est le pays serange parmi les plus pauvres au monde.

Le Haut-Katanga n’est pas à l’abri de cette insécurité alimentaire. Lubumbashi, chef-lieu de la province, connait depuis environ 1 mois des pénuries de farine de maïs, l’aliment de base de la majeure partie de la population.

Un sac de 25kg se vend à 40 000 francs congolais contre 22. 000 il y a peu. Il faut dire que cette province est le grand marché de la Zambie, pays menacé de sécheresse, mais dont le Haut-Katanga dépend largement.

Le cobalt et le cuivre, une poisse pour le Haut-Katanga ?

Plusieurs accusent le secteur minier, en l’occurence l’exploitation du cuivre et cobalt, l’accentuer la famine dans la province. Les plus radicaux vont jusqu’à dire que les mines sont une poisse pour le pays.

Oui, serait-on tenter de dire. En effet, toute la politique d’investissement public est orientée vers le secteur minier tandis que  d’autres, notamment agricole, restent très insuffisamment financés.

3% de 50 milliards pour nourrir 80 millions de Congolais

Au niveau national 3% du budget sont alloués au secteur agricole. Mais à la fin, c’est seulement 30 à 40 % de cet argent déjà dérisoire qui sont débloqués, selon l’INS (Institut national de la statistique). Pour l’INS, la faiblesse du budget ne favorise pas l’exploitation du secteur agricole.

Il signale aussi l’absence d’appui financier, d’importation massive, l’absence de formation des agriculteurs, la difficulté d’accéder aux intrants et à la technologie agricole, ainsi que l’absence des infrastructures de base.

Lire aussi : Le maïs, une céréale si politique à Lubumbashi

Au niveau provincial, la table ronde agricole sur le besoin en maïs s’est tenue à l’initiative du gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula.

Un forum sur l’agriculture

A son terme, du forum agricole le 14 septembre 2019, les délégués des parties prenantes ont préconisé la création d’un fonds provincial de développement agricole.

Aussi, la nécessité pour le gouvernement de rendre obligatoire la culture du maïs en province et l’allègement fiscal en faveur de grands fermiers ou agriculteurs.

Mais ce genre d’initiatives ne sont pas nouvelles dans la province. Souvent c’est dans des périodes de pénurie qu’elles refont surface, puis plus rien.

Les Haut-katangais se rappellent encore les villages agricoles sous le gouverneur Kazembe, premier gouverneur de la province après le découpage du grand Katanga. À l’époque la province faisait encore face à une pénurie de farine de maïs. 

Willy Mbuyi

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