[Edito] Laissez partir Joseph Kabila si vous l’aimez

In Opinions
Joseph Kabila, loi électorale

Flatterie jusqu’au bout pour les proches de l’ancien Président congolais, ou véritablement, Joseph Kabila n’en a pas fini de rêver du pouvoir? 

A Lubumbashi, ancienne capitale de l’ancien Katanga, le secrétaire général du PPRD (Parti politique pour la reconstruction et le développement) a annoncé le retour prochain de Joseph Kabila en politique. Sans donner de date précise. 

La question que plusieurs Congolais se posent, c’est pour que faire après 18 ans environ passés au pouvoir jusqu’à janvier 2019.

Le retour de Joseph Kabila jamais parti de la politique 

Le congrès du PPRD à Lubumbashi ne laisse nullement planer de doute à ce propos. L’ancien président est largement mis en évidence. Place de l’identité Katangaise, à la bifurcation des routes Msiri, Lumumba et Kasapa, une vaste affiche bandit l’image de « l’autorité morale du FCC ». 

Dans la ville, et sur les réseaux sociaux particulièrement, des membres du parti ne voient aucun mal qu’il devienne le président du PPRD.

Progressivement, les intentions se précisent. C’est notamment avec Emmanuel Ramazani Shadary, devenu depuis son passage au ministère de l’intérieur une des voix dures de ce parti. Il rassure quelques 200 membres du retour de Kabila en politique.

Erreur. Puisqu’il n’en est jamais parti, en effet. Il n’y a donc pas de retour de Joseph Kabila. On pourrait alors parler de reconversion. Et, cela ressemble plutôt même à un début de descente politique aux enfers.

Des contradictions 

Puisque finalement, deux contradictions semblent flagrantes. D’abord que, depuis la fondation du PPRD, Joseph Kabila n’a jamais endossé le costume du président du parti.

Sans doute, parce que ses fonctions de chef d’Etat l’en empêchaient alors. Des secrétaires généraux l’ont alors dirigés, les uns comme les autres, s’interdisant d’office de se rêver en présidentiables.

Cela, jusqu’à une surprenante décision qui choisit Shadary dauphin du chef, et donc, candidat à la présidentielle couvert d’interdiction de contester.

Lire aussi : Le FCC inventerait-il des déclarations à la place de Joseph Kabila ?

Les résultats ont été sans appel. Échec. Echec, comme c’est arrivé d’ailleurs à tous les rendez-vous électoraux où le PPRD a rêvé de gagner seul les scrutins. Et Kabila s’est alors chaque fois rendu à cette évidence qui lui colle encore même après son départ : collaborer, négocier pour gouverner. Pas seul en tout cas.

La seconde raison est route simple. Joseph Kabila, deux fois de plus qu’il s’est présenté à la présidentielle, a refusé de s’enfermer dans un parti politique. En y allant en candidat indépendant, il ainsi souvent réussi à agréger autour de son nom plusieurs appuis politiques. 

Le bon côté de cette stratégie lui a souvent procuré des voix qu’il ne pouvait par lui-même et par son seul parti s’adjuger.

Le mauvais côté, en revanche, a fait que souvent Kabila s’est retrouvé redevable à tout le monde. D’où d’ailleurs son handicap à sanctionner des fraudeurs, des tourneurs des deniers publics ainsi que des responsables des crimes graves décriés par les ONG.

Laissez Kabila partir si vous l’aimez 

Le plus clairement possible, il apparaît que l’idée d’amener Kabila à un nouveau scrutin, avec un nouveau rêve d’une victoire écrasante qui lui donnerait la légitimité que son PPRD ainsi que ses nombreuses coalitions n’ont pas réussi à faire, paraît bien une entreprise hasardeuse. 

Puisque maintenant qu’il a quitté le pouvoir, et que d’autres auteurs ont le temps de montrer les limites de son administration, essayer de le vendre comme d’oiseau rare dont le Congo a encore besoin ne peut conduire qu’à une chose. Affrontement. Ou le moins que l’on puisse dire, bloquer la dynamique en cours. 

Cela veut dire clairement : se mettre sur le dos tout « Le peuple d’abord », qui lui aussi regarde désormais 2023. Tout comme d’ailleurs toute l’opposition qui n’a plus grand chose à resouter dans l’ancien pouvoir. Sans oublier, naturellement, des organisations de la société civile qui veillent sur l’alternance souhaitée et qui a commencé.

Éviter une nouvelle confrontation 

Autrement dit, il faut se passer de ces forces politiques et sociales pour réussir son coup.

Sans compter en plus le fait qu’en forçant Kabila à reconquérir le pouvoir, sous quelque forme que ce soit, le PPRD continue à affaiblir tout nouveau leadership au sein du parti. Et, en réalité, c’est le Congo qui perdra.

Bref, ceux qui aiment Kabila devraient maintenant écrire des livres sur ke bien qu’il a fait pour le Congo. Ils devraient aussi se battre pour sans lui comme président de la République. 

Savoir s’arrêter est une prudence, et savoir où on va et d’où on vient est un début de sagesse.

CD

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