RDC : « La corruption est une situation endémique » (Tom Moma)

In Congo profond

Tous les voyants sont au rouge. La RDC est bien côtée parmi les pays les plus corrompus du monde et cela n’attire rien de bon.  La corruption est devenue endémique selon les experts qui la combattent. Les dirigeants ne se limitent qu’à promettre de l’endiguer, pas plus.

Les normes éthiques et morales en République Démocratique du Congo souffrent d’application. Les indices au niveau mondiale en disent long. Et le peuple qui le sait, exige la fin de la corruption.

Notre chère corruption

 « La corruption à la congolaise a dépassé l’acceptable, elle est devenue systémique, institutionnalisée », regrette Tom Moma. Il l’a déploré au cours d’une formation pour journalistes et membres d’organisations dans le cadre du projet « Kuleta haki ». Ce projet porté par RCN Justice et Démocratie, voudrait renforcer le réseau anti-corruption de Lubumbashi.

Me Tom Moma, coordonnateur de l’observatoire pour la surveillance de la corruption et de l’éthique professionnelle (Oscep) au Haut-Katanga est un expert en lutte contre ce « fléau ». Il était l’animateur de la formation.

Selon lui, la position du pays sur la carte de la corruption dans le monde devrait interpeller  les dirigeants. « Sur l’échelle de la corruption, la RDC nage entre les 75 et les 100% dans la vie publique », rappelle l’expert. C’est peut-être pour cela que le Félix Tshisekedi s’est engagé à la combattre.

Les conséquences, du reste nombreuses, donnent naissance à une société riche en conflits et économiquement instable. Et la RDC en sait quelque chose. La corruption est partout,  des grandes entreprises comme les mines aux plus petites affaires privées.

La gestion de la chose publique se retrouve concentrée entre les mêmes personnes, dans le même parti, la même tribu, la même province. Ce qui implique les exclusions et les trafics d’influence. « Les autorités, explique Tom Moma, sont quelque peu complaisantes et la société est sans repère. »

Ces valeurs qui nous manquent

Lutter contre la corruption, où que ce soit, est une affaire de tous. Cela nécessite l’adoption des pratiques favorables à la promotion des valeurs morales et éthiques.

Tom Moma a insisté sur l’importance des valeurs sociales. Mais mieux encore, sur « la conformité à l’éthique comme pilier de la lutte contre la corruption, en se basant sur les valeurs communes ».

Lire : Révision de la loi électorale et « Sanctions dissuasives » contre la corruption (F. Tshisekedi)

Dans une société éthique, en effet, tout le monde vit pour lui et pour les autres. Il ne pose que les actes qui favorisent la vie communautaire et le vivre-ensemble. Mais notre pays souffre d’une certaine insuffisance éthique donnant lieu aux  antivaleurs.

Tom Moma constate que « la corruption dans notre société est devenue pathologique. Elle se caractérise par la fraude, l’enrichissement illicite, le trafic d’influence, le harcèlement, le clientélisme, le népotisme, etc. »

Il déplore que la justice qui redresse les nations soit malheureusement malade en RDC. « Le système judiciaire congolais est amorphe, lui-même corrompu que la population y croit assez peu voir pas du tout ».

Acte justifié

Pour nombreux d’entre les corrompus, la corruption se justifie toujours. La pauvreté, les salaires modiques, impayés ou inexistants, etc.

« Pourtant quand on détourne l’argent qui devrait payer d’autres personnes, on ne se demande pas que deviendront-elles. On les expose aussi à être corrompues ou à corrompre, créant un cercle vicieux », selon Tom Moma.

Il croit alors que la lutte contre la corruption est possible. Mais elle doit être collective et solidaire. Car, rappelle-t-il, la corruption est un crime et il n’y pas qu’une personne qui en souffre.

Fidèle Bwirhonde

Rejoignez notre Newsletter!

Vous aimez les articles de Congo Durable? Inscrivez-vous dans la newsletter!

You may also read!

Politiciens à surveiller : Kabund, Kabuya, Mwilanya, Shadary

Dans les tensions actuelles en RDC, 4 politiciens brillent par des déclarations possiblement inflammables. Ils ne semblent pourtant pas

Lire plus...

Casser et brûler, étonnante citoyenneté congolaise

A Lubumbashi, à Kinshasa ou encore à Goma, beaucoup de Congolais ont une étonnante facilité à casser et brûler.

Lire plus...
Marie Tumba, Célestin Tunda

Tunda Yakasende usurpe les fonctions de Marie Tumba à Kampala

Un acte ne passe pas inaperçu, et suscite depuis le week-end dernier, l’indignation à Kinshasa. Lors de la visite

Lire plus...

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Mobile Sliding Menu

Designed by SoftProviders