Wewa ou Manseba, les motards meurent sur les routes

In Congo profond
Taxis-motos, Lubumbashi

Wewa ou Manseba, les motards à l’origine de la prolifération des taxis motos dans les grandes villes congolaises meurent de plus en plus. Sur les routes souvent risquées, les automobiles occasionnent leurs chutes mortelles.

Contre ces accidents, parfois simplement le fait de l’intolérance des automobilistes sur les routes congolaises, les motards appelés Wewa ou Manseba, deviennent violents.

Des Wewa ou Manseba tués sur les routes de Kinshasa et de Lubumbashi

Dans leur colère lundi 4 novembre, des motards ont mis le feu à un camion en provenance du Kongo central qui avait causé la mort d’un de leurs.

Des jours avant, d’autres véhicules ont brûlé dans les mêmes conditions, dans la capitale congolaise. A la suite des accidents mortels impliquant conducteurs de taxis-motos.

« Horrifié par ces scènes de terreur à répétition », d’après ses propres mots, le député Patrick Muyaya de Kinshasa est ainsi monté au créneau, sur Twitter. « Il est urgent que les autorités urbaines mettent de l’ordre et la stricte discipline dans la circulation et la conduite des Wewa ».

Puisque, insiste le député, « Ces incidents répétitifs donnent une très mauvaise image de la ville. »

Difficile régulation des trafics routiers

Le problème, en effet, réside dans la « stricte » régulation des trafics routiers, entre motards et automobilistes.

A Kinshasa, comme à Lubumbashi d’ailleurs, les motards forcent l’accès même à des routes interdites. Le cas des routes du centre-ville commercial et administratif à Lubumbashi.

Lire : Les taxis-motos refusent de quitter le centre-ville de Lubumbashi

Mais les efforts des forces de l’ordre pour faire respecter ces indications de la mairie, au motif de préserver l’ordre et la sécurité des motards, ont souvent débouché sur des tensions.

Les motocyclistes protestent, comme c’est arrivé en août dernier, portant le débat sur un terrain plutôt politique. D’autant plus que plusieurs parmi arborent des insignes de l’UDPS, l’actuel parti présidentiel.

Ce qui souvent, à Lubumbashi, a le pouvoir de faire rétracter les autorités urbaines et de forcer le gouvernement provincial à intervenir.

Ainsi, la mairie ne régule presque plus ce trafic. Résultat : le centre-ville est fortement encombré par des arrêts de taxis motos improvisés.

Limites d’une gouvernance routière ou gouvernements limités

En revanche, sur les routes à grand trafic comme le Boulevard du 30 juin à Kinshasa, la conduite entre motos et automobiles se trouve entièrement entre les mains des conducteurs.

Les motards voulant souvent aller plus vite, et doubler les autres conducteurs, et ceux-ci parfois excédés, en viennent à des accidents. C’est sans compter, sur les routes, la présence des conducteurs pas toujours formés.

Lire : La Lucha invite le maire de Lubumbashi à encadrer les taxis-motos

Souvent, les Wewa ou Manseba ou conducteurs des taxis motos n’ont pas d’autres alternatives à cette activité, unique source de revenus. Fautes d’emploi salariés. Ainsi, en août 2019, ces transporteurs mettaient les autorités au défi de leur trouver d’autres emplois, et ils arrêteraient.

Puisqu’en plus, pour eux, il reste difficile de travailler calmement faute de définition claire et officielle des réseaux routiers à utiliser. Des véreux agents de l’ordre, explique l’un d’eux à Lubumbashi, profitent souvent des vides de réglementation pour perpétrer des tracasseries sur les motards.

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