Exclue, la Monusco prête à soutenir les FARDC contre les groupes armés

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Monusco, RDC

Une nouvelle fois, la Monusco, la mission de l’ONU en RDC, ne prend pas part aux opérations de traque des groupes armés dans l’Est du pays. L’armée a préféré y aller seule.

Et pour, cause naturellement dans le non dit : des sorties médiatiques le moins hasardeuses des responsables de la Monusco. Alors qu’en même temps, Joseph Kabila qui l’avait déjà une fois encore ignorée lors d’une précédente traque, continue d’influencer l’armée.

La Monusco toujours disponible

Jeudi 7 novembre 2019, la porte-parole de la Monusco, Florence Marchal, a annoncé une nouvelle fois « l’entière disponibilité » de son organisation à se joindre à la traque en cours.

« Cela ne signifie pas que nous ne travaillons pas ensemble, nous sommes en contact permanent avec les FARDC. Cela ne signifie pas que nous ne travaillons pas ensemble, nous sommes en contact permanent avec les FARDC et nous pouvons apporter un soutien à leur demande.»

Même si des jours avant l’armée a clairement indiqué qu’elle entendait agir seule. Acte de souveraineté assumée, mais la mission onusienne se sent toutefois gênée. Puisqu’il se pose effectivement la question de son rôle en RDC, pays où son bilan reste très controversé.

Même si le nouveau président a clairement soutenu son maintien. Le pays a encore besoin des la Monusco, affirmait-il à l’Onu en septembre, tout en souhaitant la redéfinition sa stratégie quant à la stabilisation et surtout à la fin des groupes armés.

L’armée sous le contrôle de Kabila

Mais l’ancien régime du président Kabila garde encore une influence réelle sur l’armée. Le ministre de la défense, Aimé Ngoy Mukena, est un proche de Joseph Kabila. Tout comme d’ailleurs la présidente de la commission de la défense à l’assemblée nationale, Jaynet Kabila, qui est la soeur de l’ancien président. Cela pourrait bien expliquer, même si Félix Tshisekedi l’aurait voulu autrement, que cette fois « encore », l’armée ignore la Monusco.

Un autre facteur pourrait bien avoir aussi joué contre l’aide de la force onusienne. Les récentes déclarations des responsables de la Monusco. À l’annonce, par les médias sur base d’un document confidentiel qui avait fuité, d’une éventualité de traque des groupes armés avec l’appui sur le territoire congolais des armées rwandaises et ougandaises notamment, ils avaient écarté l’idée d’apporter leur soutien. 

Position gênante de la Monusco

Or, l’option ne pouvant plus tenir notamment à cause des pressions au sein de la population congolaise opposée à l’entrée des troupes étrangères, la Monusco s’est retrouvée dans une position inconfortable. Sa déclaration, en effet, a parfois été utilisée pour soutenir la résistance des politiques et de la société civile.

Au final, même si Félix Tshisekedi aurait aimé la voir soutenir l’armée, la Monusco s’était seule mise hors de la course. De quoi arranger plutôt le camp Kabila pour qui, la force onusienne n’a que trop traîné au Congo. Elle devrait partir : l’ancien chef de l’État l’a redit plusieurs fois.

Didier Makal

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