Politiciens à surveiller : Kabund, Kabuya, Mwilanya, Shadary

In Politique

Dans les tensions actuelles en RDC, 4 politiciens brillent par des déclarations possiblement inflammables. Ils ne semblent pourtant pas prêts à modérer leurs propos malgré les violences qui se répètent.

Jean-Marc Kabund, le président interimaire de l’UDPS, représente le Cap pour le changement (Cach), -la coalition présidentielle -, à la coalition avec le FCC. Majoritaire au parlement, et de ce fait dans le gouvernement, ce dernier, le Front commun pour le Congo, a pour intermédiaire Néhémie Mwilanya.

Les deux hommes se sont plusieurs fois vus ces derniers mois, dans le cadre, notamment, des discussions autour de la formation du gouvernement de coalition.

Ils ont en commun surtout de représenter le premier l’actuel président de la République, Félix Tshisekedi. Et le second, l’ex président, Joseph Kabila. Ou, du moins, leurs coalitions.

Jean-Marc Kabund, prêt à « Kobunda », se battre

Kabund, plus accroché à l’idée de plaire à la « base » de son parti, l’UDPS, se révèle progressivement une voie/voix dure. Il espère vraisemblablement plaire à des militants plutôt prêts à en découdre avec la « kabilie », le clan de l’ancien président.

Il agite alors, depuis 2017, le spectre de la confrontation. Ou, le moins qu’on puisse dire, la mobilisation de la rue à qui il attribue une force suprême.

Kabund, devenu pourtant vice-président de l’assemblée nationale, a du mal à endosser son nouveau costume. En témoignent ses récents propos sur Joseph Kabila qui fâchent au PPRD. Il le menace de l’envoyer en exil, en devant la justice, s’il s’avise à gêner son successeur.

De quoi raviver les tensions que quelques rares voix médianes de son camp et de celui de l’ancien président, tentent avec peine d’apaiser. Des jours avant, à la suite de la destruction de l’effigie du chef de l’État attribuée aux jeunes du PPRD, il n’a pas tergiversé. Kabund a illico annoncé qu’il suspendait toute discussion avec le FCC.

Lire : [Edito] Une si précoce bataille électorale pour 2023!

Décision que d’aucuns ont vu comme précipitée et radicale. Puisqu’au même moment, du côté de son allié gouvernemental, Néhémie Mwilanya, a adopté plutôt une attitude plus calme. Il a appelé à éviter d’exacerber la situation.

Néhémie Mwilanya, témoin ou synthèse des voies dures du FCC?

Surprenant tout de même. Puisque, une des têtes pensantes du FCC mise en avant pour faire accepter la coalition de l’ancien président de plus en plus contestée même en son sein, il s’est lui aussi révélé plus dur.

On se rappelle que c’est lui qui, en septembre lors d’une réunion du PPRD à Lubumbashi, a « crevé l’abcès ». Où Emmanuel Shadary annonçait le retour prochain de Kabila en politique, lui déclarait son éligibilité comme président. Ce qui, sur le coup, a précipité le pays dans une nouvelle tension politique.

Rien d’étonnant aussi, quand on sait que cet intellectuel que plusieurs découvrent pour la première fois à sa nomination comme directeur de cabinet durant la contestation contre l’ancien Kabila, participe à presque toutes les manoeuvres qui ont suivi l’expiration du dernier mandat de Joseph Kabila en 2016.

Bref, Mwilanya compte, comme Kabund, parmi les politiciens à surveiller.

Augustin Kabuya, l’autre dur de l’UDPS

Pareil, par ailleurs, pour Augustin Kabuya, désigné pour gouverner l’UDPS. S’il est moins fréquent sur de grands événements, ses déclarations contre les critiques d’Emmanuel Shadary contre Félix Tshisekedi ont adopté un ton prêts à en découdre.

Il avait menacé de déballer des secrets sur l’ancien régime si on devrait continuer avec les attaques contre le président.

Emmanuel Shadary, et le coup pour coup

Plus clairement, il s’est positionné comme hostile à la critique, en plus. Puisqu’enfin, Emmanuel Shadary sur qui il centrait sa réplique, avait accusé son adversaire à la dernière présidentielle, Félix Tshisekedi, de ne pas assez combattre la corruption au sommet de l’Etat.

Mais ce qui fait de Shadary un homme à surveiller comme les autres ici, c’est l’idée qu’il a de la majorité parlementaire que détient le FCC.

Lire : Les piques d’Emmanuel Shadary contre Félix Tshisekedi

Surtout, le rôle que Kabila devrait jouer avec sa coalition. Il l’a clairement dit en affirmant que Kabila est le propriétaire de l’État. Une telle considération pour un dignitaire de l’ancien régime, objet des sanctions internationales en plus, est profondément conflictuelle.

Encore quand on sait que ce partisan de rendre le coup pour coup, a récemment séjourné à Kolwezi où environ un mois après, des jeunes de son parti ont vengé la destruction de l’effigie de Joseph Kabila en brûlant celle de Félix Tshisekedi.

CD

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