Retirer les AK47 aux policiers et les armer de pistolets (Seth Kikuni)

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AK47, Police

Faut-il retirer les armes de combat aux policiers? Le débat est lancé, et signé: Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 en RDC. Pour lui, ces armes, « machines à tuer », doivent être retirées, puisque non adaptées à la mission des policiers.

Imaginer le maintien de l’ordre avec des armes automatiques, et réputées parfois difficiles à maîtriser, est en effet sujet à controverse. Ou, simplement, l’idée de l’ordre public même associée à un port d’arme létale. « Le Ministère de l’Intérieur doit doter la Police des Pistolets », propose Seth Kikuni. Et, naturellement, « retirer les AK47 (Kalachnikov) » qu’il définit comme une « machine à tuer » que « les policiers peinent à contrôler ».

Retirer le AK47 des rues congolaises

Fidèle à ses tweets, tirés de ses réflexions souvent surprenantes aussi bien par leur caractère « polémique » qu’original, Seth Kikuni reste dans l’actualité de Kinshasa. Jeudi soir, la haute cour militaire a condamné à la peine de mort (commuée en RDC à la prison à vie), un policier. Ce garde du corps du ministre provincial de  l’intérieur de Kinshasa a tué un médecin en conflit foncier avec son chef.

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Dolly Makambo a écopé d’une peine de 10 ans de réclusion, reconnu comme instigateur du meurtre. Mais Kikuni lance un débat, plusieurs fois au cœur des procès impliquant des soldats armés. Ils ont souvent évoqué le fait qu’ils n’ont pas réussi à maîtriser leurs armes, des AK47 le plus souvent.

Arme difficile à maîtriser

« Munduki etombkaki », répètent plusieurs soldats au cours des procès. Pour dire que l’arme ne s’est pas laissée maîtriser », malgré les efforts fournis. Si cet argument apparaît parfois comme une fois d’adoucir les charges portées contres des soldats, en mettant surtout en avant des défaut techniques, il le problème semble cependant réel.

Mais Seth Kikuni va plus loin, et pose un regard même sur la modernisation du travail de policier. Mieux carrément, son humanisation. Les AK47 paraissent souvent encombrants. Surtout que les soldats doivent se mouvoir avec, en bandoulière ou au point. Sans oublier l’effet, la peur précisément, qu’ils inspirent à l’entourage des soldats.

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Dans le transport en commun, ces armes terrorisent plusieurs passants, non habitués à les voir de près. Ou simplement ceux qui les associent à la mort, aux bavures policières ou encore aux récits d’armes « rebelles ».

Dans un Tweet, trois jours plus tôt, la même personne s’indignait sur l’usage de cette arme par un policier pour apeurer un civil. Mais les mots de Kikuni ressortent encore là le caractère non adapté et surtout nuisible des Kalachnikovs (voire le tweet ci-dessous).

Eviter des bavures policières

Ce fusil se trouve finalement « non adapté à la gestion de la cité (à cause du poids, dimension et portée) », conclut monsieur Kikuni. Il n’a pas de doute qu’il « est aussi à la base de plusieurs bavures. »

Les premières réactions à ce propos de celui qui a été le plus jeune candidat à la dernière présidentielle, 39 ans, restent presque unanimes. Vous avez « totalement raison, lui répond Kamanda Kela, un des jeunes actifs du PPRD, le parti de l’ancien président Joseph Kabila. Mais je souhaite plutôt qu’il [le ministère de l’intérieur, Ndlr] dote les policiers des armes en caoutchouc pour éviter les bavures policières », suggère-t-il.

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Un autre, réagissant à l’idée des armes non létales, ou des balles en caoutchouc, s’interroge sur ce que ferait un policier s’il devrait neutraliser un meurtrier. D’autres encore, en outre, demandent ce que devrait coûter au trésor, le changement d’approche tel que proposé par les deux personnes.

Didier Makal

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